Le FFKM (Conseil des Églises chrétiennes à Madagascar) a donc tenu ses Assises nationales au CCI d’Ivato, du 28 avril au 2 mai 2015. L’objectif proclamé en était la « réconciliation nationale ». Il y a deux ans, lors d’une conférence nationale tenue du 2 au 4 mai 2013 au même lieu, il avait déjà tenté d’imposer ses vues, résumées en trois slogans : refondation de l’État, nouvelle transition, nouvelle constitution. Et déjà, une lettre du Bureau de la Conférence épiscopale datée du 30 avril 2013, avait exprimé l’appréhension des évêques catholiques[1] et, au-delà, de nombre de citoyens quant aux probables dérives qu’une telle démarche pourrait entraîner. Le même Bureau a réitéré ses inquiétudes avant les récentes Assises : « Dans la réconciliation en cours, ce sont les affaires politiques qui ont pris le dessus. Est-ce bien le moment d’y faire entrer les affaires politiques, et est-il du ressort du FFKM d’en discuter ? Pourquoi donc ne pas faire clairement connaître à la population les objectifs de la Réconciliation dont se préoccupe le FFKM ? Il est vrai que le contenu des 4F est déjà clair, mais qui s’agit-il véritablement de faire se réconcilier ? »[2]. La lettre a provoqué l’ire du pasteur Rasendrahasina, président en exercice du FFKM[3], mais aux questions posées, qui concernent pourtant l’ensemble des citoyens, aucune réponse n’a été apportée.
Et pour cause : les résolutions des Assises, dont l’intégralité n’a toujours pas été publiée, semblent faire l’impasse sur la réconciliation, pour ne traiter que de sujets éminemment politiques. Plus question de réconciliation venant d’en haut (les chefs d’État, ancien et actuel), censée descendre ensuite vers le bon peuple. Par contre, elles ne demandent rien de moins que la dissolution[4] de toutes les institutions de l’État (sauf la présidence de la République - pourquoi cette exception ?) et la désignation (par qui ?) d’une assemblée constituante pour un mandat de deux ans. Bref, un coup d’État institutionnel, sauf que les institutions concernées n’ont guère l’envie de se suicider : le président de l’Assemblée nationale rappelait à juste titre que les 1.830 membres auto-désignés de ces Assises ne représentaient qu’eux-mêmes, alors que la représentation nationale revient en toute légitimité aux élus du peuple que sont les députés (même mal élus et incapables d’assurer correctement leurs fonctions).
Car l’obscurité la plus épaisse entoure le déroulement de ces Assises dites nationales : qui en ont été les membres ? En dépit de nombreuses sollicitations, la liste n’a pas été rendue publique, ce qui laisse soupçonner des manipulations dans sa composition. Or ces 1.830 anonymes ont prétendu représenter les 23 millions de citoyens malgaches : qui leur a donné ce pouvoir, qui n’a aucun fondement juridique ? Alors qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes, de quel droit exigent-ils la dissolution d’institutions (même bancales) issues d’élections démocratiques (même contestables), et le changement d’une Constitution (loin d’être parfaite, mais amendable) plus ou moins pratiquée depuis moins de 18 mois ? En exigeant un « exécutif fort », savent-ils qu’il ne peut y avoir (sauf cas de dictature avérée) un exécutif fort sans un législatif tout aussi fort ? À l’image du régime présidentiel américain, sont-ils prêts à accepter un Congrès (Assemblée et Sénat) aussi puissant que le Président, les pouvoirs de l’un et de l’autre étant clairement définis et aucun ne pouvant empiéter sur le domaine de l’autre ? L’objet même de la Constitution de 2010 n’était-il pas de diminuer le pouvoir excessivement fort de l’exécutif, surtout tel qu’il fut pratiqué par les présidents précédents ? Que pareil bricolage soit cautionné par le FFKM laisse songeur ; ces gens savent-ils de quoi ils parlent ?
À l’origine de ces prétentions, des « responsables » religieux. Leur démarche, a récemment rappelé le coordinateur du SeFaFi, est tout simplement inconstitutionnelle, puisque la Constitution impose la laïcité de l’État. Par ailleurs, nul ne sait sur quels fonds publics a été financé l’ensemble du processus, qu’il s’agisse des réunions des ex-chefs d’État, des assises régionales ou des assises nationales, le financement étant aussi obscur que l’identité des participants. Or il existe une instance officielle de réconciliation instituée par l’article 168 de la Constitution, le Conseil du Fampihavanana Malagasy ou FFM (Filankevitry ny Fampihavanana Malagasy) et par la feuille de route, devenue loi, de septembre 2011. Pourquoi avoir écarté cette structure légale dont la composition et le fonctionnement peuvent être améliorés, au profit d’une structure privée et bancale (ni les 260 Églises évangéliques, ni les musulmans, ni les adeptes de la religion traditionnelle n’y sont représentés), dont les tentatives de réconciliation ont échoué en 2002 comme en 2009 ? Annoncée par le président de la République, la dissolution du FFM, après l’usurpation illégale par le FFKM de sa mission, serait contraire à la loi 2012-010 et par extension, à l’article 168 de la Constitution. Sans parler de la demande d’instaurer un « comité de suivi », qui permettra aux clercs du FFKM de devenir membres de plein droit d’un organisme public.
Enfin, les citoyens ont constaté avec étonnement que la réconciliation, censée être au cœur de la démarche du FFKM, a été totalement marginalisée par les résolutions de ces Assises dites nationales. L’ancien président Ravalomanana y a gagné la levée de sa mise en résidence fixe (c’était le premier objectif de l’Église FJKM dont il est vice-président), l’ancien président Ratsiraka y a trouvé une tribune d’où il a fait miroiter, une fois de plus, des promesses mirobolantes et vides de contenu. Mais qu’en est-il des 4F : aveu, repentance, vérité et fihavanana (fieken-keloka, fibebahana, fahamarinana, fihavanana) ? Rappeler, comme l’a fait Marc Ravalomanana, que chaque être humain a fait des bêtises dans sa vie est une évidence, et pas un aveu de culpabilité. Tous ces anciens chefs d’État pourraient avoir à répondre de détournements, de gaspillages et de tueries, mais aucun n’a avoué ses véritables turpitudes, aucun n’a fait repentance de ses actes répréhensibles, aucun n’a dit la vérité sur ses agissements condamnables. À l’inverse, tous ont fait preuve d’hypocrisie, invoquant le fihavanana pour obtenir l’amnistie de leurs méfaits, sans qu’il ait été demandé à la justice de se prononcer. Disons-le clairement : aussi longtemps que triomphera l’impunité de la classe politique, la réconciliation nationale restera un rêve inaccessible.
Au terme de tant de basses manœuvres, le FFKM fait donc savoir que sa tâche est terminée et qu’il tire sa révérence. C’est ajouter l’irresponsabilité au ridicule : après voir engagé le pays dans l’impasse, en se cachant derrière des acteurs anonymes, il apporte une nouvelle preuve de son manque total de sens démocratique et de son incapacité à comprendre le bien commun de la nation –cléricalisme et sectarisme obligent. Les générations à venir, sacrifiées sur l’autel de son opportunisme et de son goût du pouvoir, en paieront le prix...
SeFaFi du 5 mai 2015
Antananarivo, 5 mai 2015
[1]. « Nous sommes profondément préoccupés qu'il y a un risque de dérapage vers une réconciliation purement et uniquement politique qui se dessine. Or cela n'est pas du ressort de l'Église. C'est pour cela que nous devons nous en tenir seulement à notre premier objectif : pardon, conversion, vérité, réconciliation. C'est le chemin qui nous conduira à la réconciliation véritable ».
[2]. Bureau de la Conférence épiscopale, 25 avril 2015.
[3]. Dire que le FFKM réunit les chefs des Églises membres (ECAR, FJKM, FLM, EEM) est une approximation, l’Église catholique à Madagascar n’ayant pas de « chef ». Tous les évêques sont égaux en droit, ils se réunissent en Conférence épiscopale qui élit son Président (actuellement, Mgr Désiré Tsarahazana, archevêque de Toamasina) et désigne son représentant au sein du FFKM (actuellement, Mgr Odon Razanakolona, archevêque d’Antananarivo). Tout le reste est littérature ou fantasme.
[4]. Que le mot « dissolution » ait été remplacé, trois jours après les Assises et face au tollé général qu’il a suscité, par « apporter des changements », ne change rien à l’affaire. Cette modification illustre davantage encore l’infantilisme et l’incompétence de ceux qui ont présidé à ces Assises.
lundi, mai 11, 2015
mardi, juin 10, 2014
HEVITRA IHANY
MUNICIPALITÉ
Io fififdianana
MAIRE IO no tena fifidianana hiankinan'ny FAMPANDROSOANA koa mahaiza mifidy.
Averimberina matetika ny oe tsy ny mpitondra fanjakana velively irery ihany no
mitondra fampandrosoana fa indrindra miainga amintsika tsirairay. Raha ny
hevitro manokana dia haverina indray ny hetra isan-dahy amin'ny endriny vaovao,
miankina amin'ny fidiram-bolan'ny tsirairay, (Fa izay itoeran'ny harenareo, dia
ho any koa ny fonareo Lioka12 : 34) tsy
de resaka vola fotsiny izy io fa:
1- mahatonga ny olona ho tompon'andraikitra
2- manosika ny olona ho sarotiny amny harenam-pirenena
(lalana, fitaovam-panjakana,
fitsinjarana ny vola isam-paritra...)
3 - hanosika ny olona hiasa fa tsy hiraviravi-tanana.
Fanamarihana
kely, tadidio fa lalana mirefy 10 km fotsiny anie no maha fahirano an'i
Faratsiho isan-taona izao e! (hatreo amin'ny km 18 mankeo Faravohitra), samia tonga saina e!
Jereo anie ireo olona eo amoron-dalana ireo raha tsy
faly ery mijery fampisehoana tsy handoavam-bola e!
FAMPANDROSOANA
Voateny matetika ny oe tsy
matoky ny mpitondra fanjakana, ny fanodikodianam-bola isan'ambaratongany, amiko
de tsy zava-baovaovao velively izany ary tsy eto Dago ihany fa manerana izao
totontolo izao.
...tsipoy mikotrika izay tsy atodiny, dia toa izany
izay mahazo harena tsy amin'ny rariny:
handao azy amin'ny antenatenan'androny izany ... Jeremia
17:11
Ny hiadiana amin'io voalohany aloha dia ny
fanamafisana ny RAFITRA: tany tan-dalàna, fitsarana mahaleotena sy matanjaka,
rafitra mpanadihady isanam-baratongany. Tsy hidika velively anefa izany fa tsy
hisy ny manoham-pefy fa fanakelezana ny tarazo fotsiny. Ny tena harofanina dia
izaho sy ianao, isika mianakavy no
mandray andraikitra. Efa voaozona amin'izany isika olombelona ...na ny kely na
ny lehibe, dia samy fatra-pila harena
,na mpaminany na mpisorona dia samy mamitaka avokoa Jeremia 8: 10
...tsy ny 5 taona fotsiny no nandalo tetezamitatra fa
efa hatramin'ny 1958, 54 taona lasa izay, voazanaka isika dia mbola tsy
nisara-nono hatramin'izao, velon-dataka lava izao.
- Hiverina ny famatsiam-bola avy any ivelany: f'anga
manantena fa volan'adala io vola io ka tsy hisy takalony, alainy ny ampahany
amin'ny tanin'ny madagasikara manontolo vao tonga saina, azy daholo
Ankorondrano manontolo, ny varotra goavana sy ambongadony rehetra...
- Mangataka amin'ny fitondran-panjakana izahay: fa iza
no atao oe fanjakana e? Izaho sy ianao mitambatra, raha mpamboly ianao dia
hataovy farafaharatsiny mahavelona anao sy ny ankohonanao izany manaraka taoraha
vaovao fa efa maina io tanimbary io, raha mpivarota ianao dia ataovy mazava ny
asa aloavy ny volam-panjakana farafaharatsiny ny TVA, raha mpanao asa-tanana
ianao, ataovy misongadina ny fahaizamanao mba ho azo amidy lafo ny taozavatra,
raha mpanao hotely ianao andraoy tsara lay sakafo sns...zany rehetra izany
mitambatra no fandrosoana.
- Fanaovan-dalana: tadidiko tsara raha nanao lalana
Ravalomanana dia ny valiny oe "...anagaha azo ohanina io lalana
io...".Tarafina am fomba fijery roa ohatra io fiteny io:
1- marina aloha fa noana ny vahoaka, mila sakafo izy
ary ilay vola nomen'ny mpamatsy vola dia tsy mankany am-paosiny mivantana. Ilay
sakafo eny an-tsena, ronono, yahourt, fromage n'i dada tsy tonga tany am-bava, tsy voavidin'ny sarambabe. Raha manaratsy
an-ndRamose any am-ponja...
2 - 4x4 marobe no nande teny ambony goudron raha tsy
hiteny afa-ts'reo an'i Solombavam-bahoaka. Ny mpanankarena no nahazo volabe tampoka
tam varotra isankarazany (varotra maizina sy mazava).
Tsy azon'ny
vahoaka velively ny antony ilana ilay lalana, tsy nazavaina taminy mazava tsara
oe io ny lalana fa miasa mafy amin'izay ianareo, mety tsy maintsy haverina ny
vola nanaovana azy. Ho mora ny fanondrananareo ny vokatra amin'ny fifandraisana
ara-barotra, mety hanankarena toa an'ingahy ndrina mpivarotra eo an-tsena
ianareo. Tsy voatery hivarotra mora eto an-toerana ianareo fa afaka mivarotra lafolafo kokoa any
an-drenivohitra.
Ny mifamadika amin'izany no tao an-tsainy "ho mora amin'izay ny famatsiana anay ary
mahazo mangataka zavatra betsaka am fanjakana izahay, mora ny mifindra monina
any an-drenivohitra". Afaka
mivarotra mofogasy, mitsindroka rotra
ary mitango manga amidy eny amoron-dalana..."nofon-kena natoraka
alika"...
- Io fomba fijerin'ny any Amabnivohitra io de fomba
fijerin'ny fanjakana ary aretina mahazo ny firenena mahantra aty afrika. Maika
ery miandry ny famatsiam-bola avy any ivelany, famerenana ny AGOA,
fifandraisana ara-toekarena atsy afrika sy aty amin'ny ranomasimbe "ocean
indien". Rehefa tonga izany rehetra izany de mitsipona akotry fotsiny eo,
fa tsy mieritreritra velively ny hanondrana any ivelany: ny vazaha no mandefa
ity tsy an'asa avy any aminy rehetra ity zay efa ao anaty kajy amin'ny
famatsiam-bola (famotsiana chomeurs fa tsy famatsiam-bola[2]). Ny karana no
manankarena amin'ny AGOA amin'ity karaman'ny mpiasa iray 60 euros vidina
pataloha iray vokarina eny Tanjombato. I Maurice no manana tany fambolena
midadasika aty Dago (ovy 1 kg vidiny am centimes)...de ahoana koa ny manaraka.
Aoka izay, mifohaza amin'izay, ovay daholo ny lalàna
raha ilaina izany, tsy mande amin'ny pièces ntsika akory. Sao dia mba
lalam-panorenana hafa no mety eto Dago? Tribalisme, Feodalisme, federalisme,
monarchie constitutionnelle fédérale à regime parlementaire, sns...fa tsy mety
amintsika io karazana LALAMPANORENANA faranitsihay io (jereo etsy ambany ny
fanazavan'ny tompony azy[1]). Miseho
milay daholo ity adala tsy hendry rehetra ity ka miseho oe mitondra ny
feom-bahoaka. Ny Prezida tetikasa (politique générale de l'Etat) nalaina tany amin'ny aterineto no novakina
teny Mahamasina, KOPI KOLE an' Sarkozy...Raha mbola io karazana lalampanorenana
io de azo amboamboarina eo foana satria
efa izay mihitsy ny hevi-dehibe ao anatiny. Tsy ho haintsika velively ny
fampisaraham-pahefana: ny mpanao lalàna
etsy andaniny, mpanatanteraka ankilany, ary ny fitsarana (legislatif,excutif,judiciaire)...Tsiranana,
Ratsiraka, Ravalomanana, ry andry Rajoelina avy no tompon'izy telo ireo, vao
manomboka ry Hery Rajaoherimampianina dia efa hametraka fanjakana matanjaka =
izy no mpanapaka sy mpandidy.
Hatreo
indray aloha eo ampiandrasana antsika rehetra ho tonga saina, manaraka ny asa
ataon'io fitondrana vaovao io.
PS: manankarena i madagasikara na an-tanety na
ambaninin'ny tany, io rivotra sy
masoandro be omen-Janahary antsika io aza dia harena sarobidy TSY TAKATRY NY
SAINA: mila oe olona iray avy any ivelany no nikabary izany teo ambony
latabatra vao mino isika. F'angaha izany rangahy ity ho azo ahodina ho harena
tampotampoka eo raha tsy misy ezaka bediabe atao a! Indrindra moa raha izao
fomba fisainana izao no mitohy.
NOTES
[1]...c’est
le cas dans toutes les cours constitutionnelles du monde, puisque nous sommes
dans le domaine constitutionnel et que la constitutionnalité des textes renvoie
à l’équilibre du pouvoir au sein d’un pays, et qu’en sus des considérations
juridiques, il y a bien évidemment des considérations politiques...
François
Goldblatt ambassadeur de France à Madagascar.
[2]... mpamatsy vola: tsy maintsy mitondra
teknisiana amin'arivony avy aty europe
izy lazainy fa tsy manana isika. Lazaivo
koa fa mila firy andro ny mampianatra antsika mitondra tractopelle, manao
soudure, mitondra machine isankarazany ny ingenieur ntsika anefa ry zalahy ihany no
nanofana azy, avy taiza ny technicien supérieur ntsika????
jeudi, mars 31, 2011
Réconciliations
À l’indépendance de Madagascar, l’un des premiers actes de Philibert Tsiranana fut de faire rentrer d’exil les trois anciens députés leaders du parti nationaliste dissout MDRM : Joseph Ravoahangy, Joseph Raseta et Jacques Rabemananjara. Ceux-ci retrouvèrent Madagascar le 20 juillet 1960 après douze années d’exil en France.
Quoi qu’on puisse penser de Philibert Tsiranana, il faut lui reconnaître une réelle intelligence politique et un sens de l’unité nationale qui allait au delà des apparences de l’époque. Car le même Tsiranana figurait en juin 1946 parmi les fondateurs d’un parti s’opposant clairement au MDRM : le Parti des déshérités de Madagascar ou PADESM était francophile et était formé principalement par des Côtiers et des Mainty. La création de ce parti semblait alors aller dans le sens de la « politique des races » inaugurée par Gallieni et servant depuis de toile de fond de la politique française à Madagascar.
En faisant rentrer en 1960 les leaders du MDRM, puis en décidant à partir de 1967 de commémorer les événements de 1947 [1], Philibert Tsiranana entendait marquer qu’une page était tournée. Cet objectif fut atteint, et la Nation dans son ensemble en a bénéficié. Pendant des années, l’appropriation commune par l’ensemble des malgaches des mouvements de 1947 était indiscutable.
Force est cependant aujourd’hui de constater que les mystères autour de la génèse des événements et les rouages de leur répression continuent de mettre en péril le caractère unificateur pour le pays du souvenir de la rebellion. Et les deux dernières années n’ont pas contribué à améliorer la situation.
Romulus et Rémus pour Rome, Vercingétorix pour la Gaule, Guillaume Tell pour la Suisse, l’épopée du Mayflower pour les États-Unis : toute nation se fonde aussi sur une part de mythe. Tout à l’époque n’était pas forcément glorieux, mais les années ont contribué à atténuer l’importance des détails trop crûs ou tout banalement trop humains. Pour les mêmes raisons, 1947 devrait continuer à unir les malgaches, pas à les diviser. Il faudrait se garder de malmener excessivement cette page importante de l’Histoire de Madagascar en cherchant trop à expliquer les réalités d’aujourd’hui par la seule perpétuation des rivalités d’antan. Il ne s’agit pas ici d’étouffer la recherche historique, mais de garder à l’esprit que le mystère le plus important de 1947 est celui de l’incroyable courage de ces gens ordinaires de toutes les régions de Madagascar qui sont allés affronter avec de simples sagaies des militaires étrangers qui n’hésitaient pas à tirer à balles réelles.
Qu’importe alors les leaders, et leurs motivations personnelles qui ne peuvent que nous échapper au moins partiellement. Après tout, leur carrière politique ne s’est pas arrêtée là. Si Ravoahangy et Rabemananjara choisirent de se rallier à Tsiranana, Raseta, alors doyen d’âge de l’Assemblée, se distingua en mai 1961 par un discours incendiaire contre le Gouvernement lors de la rentrée parlementaire. Comme pour nous rappeler que la réconciliation nationale ne doit pas forcément signifier partage des mêmes idées, mais partage des mêmes valeurs.
En 2011, à nous de garder celles-ci en tête. Et à nos hommes politiques d’avoir la même intelligence que Tsiranana, Rabemananjara, Ravoahangy et Raseta qui ont su lorsque nécessaire mettre de côté ce qu’ils étaient.
L'express de Madagascar, mercredi 30 mars 2011, par Patrick A.
Notes
[1] Avant cette date, hormis de simples recueillements, aucune manifestation commémorant la date du 29 mars 1947 n’était autorisée.
par Patrick A.
Quoi qu’on puisse penser de Philibert Tsiranana, il faut lui reconnaître une réelle intelligence politique et un sens de l’unité nationale qui allait au delà des apparences de l’époque. Car le même Tsiranana figurait en juin 1946 parmi les fondateurs d’un parti s’opposant clairement au MDRM : le Parti des déshérités de Madagascar ou PADESM était francophile et était formé principalement par des Côtiers et des Mainty. La création de ce parti semblait alors aller dans le sens de la « politique des races » inaugurée par Gallieni et servant depuis de toile de fond de la politique française à Madagascar.
En faisant rentrer en 1960 les leaders du MDRM, puis en décidant à partir de 1967 de commémorer les événements de 1947 [1], Philibert Tsiranana entendait marquer qu’une page était tournée. Cet objectif fut atteint, et la Nation dans son ensemble en a bénéficié. Pendant des années, l’appropriation commune par l’ensemble des malgaches des mouvements de 1947 était indiscutable.
Force est cependant aujourd’hui de constater que les mystères autour de la génèse des événements et les rouages de leur répression continuent de mettre en péril le caractère unificateur pour le pays du souvenir de la rebellion. Et les deux dernières années n’ont pas contribué à améliorer la situation.
Romulus et Rémus pour Rome, Vercingétorix pour la Gaule, Guillaume Tell pour la Suisse, l’épopée du Mayflower pour les États-Unis : toute nation se fonde aussi sur une part de mythe. Tout à l’époque n’était pas forcément glorieux, mais les années ont contribué à atténuer l’importance des détails trop crûs ou tout banalement trop humains. Pour les mêmes raisons, 1947 devrait continuer à unir les malgaches, pas à les diviser. Il faudrait se garder de malmener excessivement cette page importante de l’Histoire de Madagascar en cherchant trop à expliquer les réalités d’aujourd’hui par la seule perpétuation des rivalités d’antan. Il ne s’agit pas ici d’étouffer la recherche historique, mais de garder à l’esprit que le mystère le plus important de 1947 est celui de l’incroyable courage de ces gens ordinaires de toutes les régions de Madagascar qui sont allés affronter avec de simples sagaies des militaires étrangers qui n’hésitaient pas à tirer à balles réelles.
Qu’importe alors les leaders, et leurs motivations personnelles qui ne peuvent que nous échapper au moins partiellement. Après tout, leur carrière politique ne s’est pas arrêtée là. Si Ravoahangy et Rabemananjara choisirent de se rallier à Tsiranana, Raseta, alors doyen d’âge de l’Assemblée, se distingua en mai 1961 par un discours incendiaire contre le Gouvernement lors de la rentrée parlementaire. Comme pour nous rappeler que la réconciliation nationale ne doit pas forcément signifier partage des mêmes idées, mais partage des mêmes valeurs.
En 2011, à nous de garder celles-ci en tête. Et à nos hommes politiques d’avoir la même intelligence que Tsiranana, Rabemananjara, Ravoahangy et Raseta qui ont su lorsque nécessaire mettre de côté ce qu’ils étaient.
L'express de Madagascar, mercredi 30 mars 2011, par Patrick A.
Notes
[1] Avant cette date, hormis de simples recueillements, aucune manifestation commémorant la date du 29 mars 1947 n’était autorisée.
par Patrick A.
jeudi, février 03, 2011
Réflexion : LES SOCLES DE LA CRISE POLITIQUE DE 2009 a Madagascar
July 9, 2010
Andrianirina Doctorant en sciences politiques nous donne son analyse sur les origines de la crise.
LES SOCLES DE LA CRISE POLITIQUE DE 2009Pour une explosion de gaz, il faut une accumulation du combustible dans un endroit à cause d’une fuite, et il faut qu’il y ait l’étincelle qui crée l’explosion. La crise politique suit exactement le même processus. Aucune crise ne naît brusquement ex nihilo, autrement dit à partir de rien. Les approches de sciences politiques s’attachent à définir quatre catégories de paramètres pour analyser le contexte qui favorise une crise : les facteurs structurels, les catalyseurs, les déclencheurs et les acteurs.
LES FACTEURS STRUCTURELS
Du point de vue historique, la crise de 2009 est le fruit des séquelles de la crise de 2002, dont les blessures ne sont pas guéries à cause d’un refus du régime Ravalomanana d’engager un processus de réconciliation nationale. Emprisonnements et exils forcés ont créé des rancoeurs et une envie de vengeance chez certains, qui attendaient patiemment la première occasion pour renverser Ravalomanana. Sur un autre plan, deux événements historiques mondiaux peuvent avoir eu un impact à Madagascar. D’une part, l’élection d’Obama, qui a étrangement donné l’espoir à des millions de gens que tout était possible, et que les David pouvaient terrasser des Goliath. Le « Premier ministre de transition » Monja Roindefo ne s’est-il d’ailleurs pas singularisé en faisant clamer à la foule du 13 Mai le fameux « yes, we can ! » le jour de sa « nomination » ? D’autre part, il y a un contexte mondial de crise financière qui a rendu d’autant plus inacceptables certains actes jugés abusifs, tels que l’achat de l’avion présidentiel Air Force One Number Two pour 60 millions de dollars américains.
Du point de vue économique, Madagascar est en phase de croissance continue depuis 2003. Le Gouvernement, mais également les bailleurs de fonds s’en enorgueillissent. Malheureusement, cette croissance annoncée ne se ressent pas dans la vie des ménages, et le fait de la vanter ne fait qu’accroître le sentiment de frustration de la population, et la sensation dans l’opinion publique que cette performance économique n’est qu’un mirage qui ne profite pas à tous.
Sur le plan politique, et cela est en relation avec le plan historique, Marc Ravalomanana a mis en place une stratégie de rouleau compresseur face à l’opposition. Le Président s’est arrangé pour laminer l’opposition, et faire en sorte que le parti présidentiel TIM phagocyte l’Assemblée nationale, dans lequel il a 105 députés sur 127. Même rapport de force au Sénat. Résultat : le Parlement est incapable de jouer son rôle normal dans une démocratie : canaliser la tension politique, et servir de plate-forme institutionnelle de débat entre pouvoir et opposition. Il est donc normal que cette tension et ce débat se transposent dans la rue.
LES CATALYSEURS ET LE DECLENCHEUR
Sans doute aveuglé par les chiffres qui semblaient donner l’apparence d’une supra-domination du TIM, Marc Ravalomanana a senti monter en lui un sentiment d’omnipotence et d’impunité, et a commencé à accumuler les erreurs de gouvernance, aussi bien sur le plan politique qu’économique.
Il a fait le vide dans le rang de ses fidèles et de ses premiers supporters (ceux qui l’avaient porté au pouvoir) ; il a géré l’Armée sans aucun souci du respect des normes propres à cette communauté (respect de la hiérarchie etc.) ; et il s’est attaqué à des libertés fondamentales comme celle d’expression en faisant fermer des émissions et des stations audiovisuelles. Sur le plan économique, une imperméabilité au concept de conflit d’intérêt a créé des interférences entre Marc Ravalomanana, le Chef de l’Etat, et Marc Ravalomanana, le fondateur de l’empire Tiko. Son groupe a bénéficié d’exonérations fiscales, et a « oublié » de payer ses impôts. De plus, l’Etat a décidé de se faire importateur direct de carburant, ce qui allait à l’encontre des accords passés avec les compagnies pétrolières dans le cadre de la libéralisation du secteur. Enfin, l’achat du fameux avion présidentiel n’a suivi aucune procédure budgétaire.
Face à ces cas manifestes de gouvernance assez floue des deniers publics, le FMI et la Banque mondiale ont donc envoyé en Décembre 2008 une demande d’explication sur ces points (financement d’Air Force One, exonérations de Tiko, importation de carburant), mais n’ont pas obtenu de réponse satisfaisante. L’ensemble des bailleurs de fonds (BAD, Union Européenne, FMI, Banque mondiale et quelques bilatéraux) s’est donc aligné pour suspendre l’aide budgétaire, jusqu’à ce que des réponses satisfaisantes soient apportées. Résultat : 35 millions de dollars qui devaient être décaissés en Décembre et Janvier ont été bloqués. Il faut savoir qu’environ 45% du budget de l’Etat malgache est supporté par les bailleurs de fonds, ce qui les autorise à être vigilants.
C’est donc dans un contexte de grogne sourde mais latente que Andry Rajoelina est élu maire d’Antananarivo le 12 décembre 2007, jour anniversaire de Marc Ravalomanana. L’ancien DJ remporte très largement l’élection, mais le régime Ravalomanana est incapable de percevoir dans ce résultat le vote-sanction évident que cela était pourtant. Au contraire, il se complait à accumuler les représailles et les coups bas contre la Mairie, jusqu’à ce fameux jour de Décembre où le Ministre des télécommunications, des postes et de la communication Bruno Andriatavison ordonne la fermeture de Viva TV. Tout le monde connaît la suite de l’histoire. Pour une décision irréfléchie d’un zélateur, le pays est maintenant au bord de la guerre civile.
LES ACTEURS
Deux protagonistes sont aux prises, et leur parcours présente beaucoup de similarités. Pas d’études supérieures, mais un réel talent pour les affaires, ce qui leur a permis de monter chacun des entreprises-phares dans leur domaine. Une très haute opinion de leur personne, et une personnalité autoritaire. Une élection à la tête de la Mairie d’Antananarivo face au candidat présenté par l’Etat : si Andry Rajoelina avait vaincu Hery Rafalimanana, Marc Ravalomanana avait défait un certain… Ny Hasina Andriamanjato, à présent son compère sur la Place du 13 Mai.
En s’acharnant contre Andry Rajoelina pour se venger de la défaite du TIM aux élections municipales, le régime Ravalomanana a fabriqué un martyr, ce qui est important à Antananarivo, dont la population est toujours encline à accorder sa sympathie aux souffre-douleur du pouvoir. Là encore, Marc Ravalomanana est aveuglé par son sentiment de toute-puissance, et ne s’est pas rendu compte du danger que pouvait représenter quelqu’un qui avait le soutien de la population de la Capitale. Il était pourtant bien placé pour savoir la force que cela représentait en 2002.
Andry Rajoelina a un mérite : il est le seul a avoir osé et avoir su faire entendre sa voix face à un environnement fataliste et complaisant qui avait accepté dans le silence toutes les bévues de Marc Ravalomanana et de son équipe. On doit cela au courage de la jeunesse. Mais on doit à cette même jeunesse une mentalité de rebelle, qui n’a pas su s’arrêter à temps pour respecter les limites dans les actes et les paroles. A force de pérorer sur la Place du 13 mai, il est de plus en plus prisonnier de sa foule, et sera obligé de s’arc-bouter dans une posture jusqu’au-boutiste. Cela n’est pas de bon augure pour la sortie de crise. Toutefois, depuis le début des négociations samedi dernier, il semble qu’il ait appris « sur le tas » un minimum de maturité, et il a fait des concessions appréciables. L’arrêt des manifestations sur la Place du 13 mai, l’annulation de la fameuse marche qui était présumée être sur Iavoloha, ou encore le respect de l’accord avec le FFKM de ne plus faire aucune déclaration à la presse avant la fin des négociations sont autant de faits qui montrent que la fréquentation des Chefs d’Eglise lui a redonné le sens de la pondération.
Aprés la démission du président et la remise du pouvoir par la HCC, l’un des des premiers geste d’appaisement est la grace au prisonjniers politique.
Andry Rajoelina a promis lors d’un point de presse ce vendredi 27 mars que les membres de la HAT seront connus dès lundi 30 mars prochain. Le président de la HAT réitère que les Assises nationales ont pour objectif de fixer les calendriers électoraux et tout ce que cela signifie comme préalables (transparence et égalité de chance des concurrents). Ces assises réfléchiront sur la date du référendum et élaboreront la révision de la Constitution pour l’avènement de l’autre République, la quatrième.
R. Andrianirina – PLG
vendredi, septembre 10, 2010
DINIHO KELY ITY: Ambanimaso tsy hita
Tsy miova mihitsy ny fanaovana pôlitika eto Madagasikara eto fa dia ny fomba tany aloha ihany no mbola ataon'ny mpisehatra izany amin'izao fotoana izao. Ny hoe "mamadika palitao" no filaza izany, fotoana vitsivitsy lasa izay, fa rehefa mandeha ny andro sy ny fotoana dia tsy maintsy mbola hojerena indray izay ho voambolana hanoloana azy io.
Vao roa andro izay no niresahana teto ny momba ny antoko Arema sy ny fipoiran'ny ilany vaovao sy "vonona" tao aminy, taorian'ny "menamaso" sy ny "matotra, sy ny tsy fantatra intsony… dia io fa nanazava ny ho "fandraisany anjara" amin'ny fihaonambem-pirenena indray ny HPM "tsy manaraka ny ankolafy Zafy". Ilaina hampahatsiahivina koa ve ny nisian'ny "TIM Raharinaivo" izay mampitabataba ny ao amin'io antokon'ny filoha teo aloha Marc Ravalomanana io?...
Ny tena mahavariana anefa, na dia fantatra aza fa "faralahin-kevitra" ihany, dia ny mbola fametrahan'ireo "elatra" nanatona ny fihaonambem-pirenena ireo ny "fepetra" hoe ny Cnosc no tokony hitari-draharaha. Mahavariana, satria tsy misy izay sy mahafantatra fa efa "lasa" izany Cnosc izany. Fa ny tena mahavariana ambonin'izany dia ny mbola famerimberenan'izy ireo ny hoe "consensuelle" sy "inclusive", izany hoe iraisan'ny rehetra sy idiran'ny rehetra. Variana ny mpanaraka ny raharaham-pirenena ka mametraka ny fanontaniana hoe "fa iza àry no heverin'izy ireo ho azo horebirebena eto ê?" Raha ny "iraisan'ny rehetra" sy "idiran'ny rehetra" no takian'izy ireo dia tokony ho ny tany amin'ny ankolafy misy azy ireo avy no nampisehoan'izy ireo an'izany. Nahoana mitaky an'izany aty amin'ny fihaonambem-pirenena izy ireo, kanefa tsy nahavita an'izany tao aminy, izy samy izy? Izay ilay hoe ambanimaso tsy hita.
Tsy hitan-dry zareo ny eo ambanin'ny masony, ary tsy hitany toraka izany koa ny eo ambanimason'ny vahoaka malagasy. Rehefa nojerena tokoa mantsy ireo milaza ho vonona ny handray anjara amin'ny "ady hevitra rehetra" hatao hivoahana amin'ny krizy dia azo lazaina fa ao daholo ny rehetra… Satria ao anatiny izy ireo. Ao ny Arema, ao ny Tim, ao ny HPM… koa iza sisa izany no tsy ao?... Ny olon-dehibe narahin'izy ireo, efa "nahazo taona" sy efa nandalo teo amin'ny fitondrana kanefa tsy nahomby sisa. Tena tsy hitan-dry zareo ireo ve izany zava-misy izany? Tsy eo ambanin'ny masony akory anefa fa tena ifanatrehany mihitsy... Asa fa dia anjaran'izy ireo no mandinika ê.
La Gazette de la Grande Ile, Vendredi, 10 Septembre 2010 05:42
Alain R.
Vao roa andro izay no niresahana teto ny momba ny antoko Arema sy ny fipoiran'ny ilany vaovao sy "vonona" tao aminy, taorian'ny "menamaso" sy ny "matotra, sy ny tsy fantatra intsony… dia io fa nanazava ny ho "fandraisany anjara" amin'ny fihaonambem-pirenena indray ny HPM "tsy manaraka ny ankolafy Zafy". Ilaina hampahatsiahivina koa ve ny nisian'ny "TIM Raharinaivo" izay mampitabataba ny ao amin'io antokon'ny filoha teo aloha Marc Ravalomanana io?...
Ny tena mahavariana anefa, na dia fantatra aza fa "faralahin-kevitra" ihany, dia ny mbola fametrahan'ireo "elatra" nanatona ny fihaonambem-pirenena ireo ny "fepetra" hoe ny Cnosc no tokony hitari-draharaha. Mahavariana, satria tsy misy izay sy mahafantatra fa efa "lasa" izany Cnosc izany. Fa ny tena mahavariana ambonin'izany dia ny mbola famerimberenan'izy ireo ny hoe "consensuelle" sy "inclusive", izany hoe iraisan'ny rehetra sy idiran'ny rehetra. Variana ny mpanaraka ny raharaham-pirenena ka mametraka ny fanontaniana hoe "fa iza àry no heverin'izy ireo ho azo horebirebena eto ê?" Raha ny "iraisan'ny rehetra" sy "idiran'ny rehetra" no takian'izy ireo dia tokony ho ny tany amin'ny ankolafy misy azy ireo avy no nampisehoan'izy ireo an'izany. Nahoana mitaky an'izany aty amin'ny fihaonambem-pirenena izy ireo, kanefa tsy nahavita an'izany tao aminy, izy samy izy? Izay ilay hoe ambanimaso tsy hita.
Tsy hitan-dry zareo ny eo ambanin'ny masony, ary tsy hitany toraka izany koa ny eo ambanimason'ny vahoaka malagasy. Rehefa nojerena tokoa mantsy ireo milaza ho vonona ny handray anjara amin'ny "ady hevitra rehetra" hatao hivoahana amin'ny krizy dia azo lazaina fa ao daholo ny rehetra… Satria ao anatiny izy ireo. Ao ny Arema, ao ny Tim, ao ny HPM… koa iza sisa izany no tsy ao?... Ny olon-dehibe narahin'izy ireo, efa "nahazo taona" sy efa nandalo teo amin'ny fitondrana kanefa tsy nahomby sisa. Tena tsy hitan-dry zareo ireo ve izany zava-misy izany? Tsy eo ambanin'ny masony akory anefa fa tena ifanatrehany mihitsy... Asa fa dia anjaran'izy ireo no mandinika ê.
La Gazette de la Grande Ile, Vendredi, 10 Septembre 2010 05:42
Alain R.
vendredi, août 13, 2010
Sortie de crise... ?
<<.....Qui sont-ils ces 83 partis et associations politiques, ou un peu plus ? Le journaliste et le chroniqueur politique n’y voient qu’une kyrielle de formations dont l’essentiel ou l’essence de leur vie réside uniquement dans le récépissé qu’elles ont obtenu lors de la déclaration auprès du ministère de l’Intérieur. Sur les 83 formations politiques présentes au Centre de conférence international (CCI) d’Ivato et qui ont débattu des affaires nationales et de la voie à suivre pour mettre fin à la crise, on ne recense au grand maximum que le tiers qui soient connues au niveau national ou du moins au niveau des ex-provinces. Le reste est inconnu du grand public et des journalistes et des chroniqueurs politiques. On dira tout au plus que les deux tiers sont des formations régionales ou issues des ex-fivondronana. Certaines ne sont que des formations familiales au sens large du terme ou à caractère ethnique ; elles étaient invisibles dans le paysage politique électoral. En tout cas, l’appel de Andry Rajoelina pour cette réunion du CCI Ivato a permis à des formations tombées dans la décrépitude, telle le VITM ou le GLM de ne pas tomber dans l’abîme de l’oubli (on a scruté la liste des 83 formations pour chercher le parti de Randriamorasata Solo Norbert mais en vain, l’UDECMA/KMTP est-il dans les parages ?).
Parmi le tiers qui soit connu, on remarque qu’une partie ne sort du lot des anonymes que parce que ces formations se sont fait tendre le micro, ou ont fait passer des articles pompeux dans la presse écrite de la capitale, moyennant une conférence de presse, trop souvent médiocre, suivie de coquetèles et d’enveloppes, dénommées « felaka » pour les plus médiatiques et qui s’en donnent les moyens. L’autre partie est connue tout simplement parce que ce sont de réels partis politiques, avec des structures qui fonctionnent, des hommes politiques et des militants véritables qui les animent, un statut, un projet de société et une idéologie claire. Ce dernier lot de formations politiques a déjà fait ses preuves dans les compétitions électorales, présidentielles ou législatives.
Ainsi est ce groupe hétéroclite du CCI Ivato, sans grand éclat car dominé par d’innombrables micro partis avec lesquels un petit nombre de grandes formations partage à égalité, au nom de la démocratie, la voix et le crédit sur des sujets d’envergure national et international. On ne s’étonnera donc pas si les débats et discussions ont abouti à des revendications de places et de nouvelles dépenses en plus de celles occasionnées par les « dinika santatra » et autres « raiamandreny mijoro >>.
Tribune.com, Vendredi 13 août 2010, par Bill
Parmi le tiers qui soit connu, on remarque qu’une partie ne sort du lot des anonymes que parce que ces formations se sont fait tendre le micro, ou ont fait passer des articles pompeux dans la presse écrite de la capitale, moyennant une conférence de presse, trop souvent médiocre, suivie de coquetèles et d’enveloppes, dénommées « felaka » pour les plus médiatiques et qui s’en donnent les moyens. L’autre partie est connue tout simplement parce que ce sont de réels partis politiques, avec des structures qui fonctionnent, des hommes politiques et des militants véritables qui les animent, un statut, un projet de société et une idéologie claire. Ce dernier lot de formations politiques a déjà fait ses preuves dans les compétitions électorales, présidentielles ou législatives.
Ainsi est ce groupe hétéroclite du CCI Ivato, sans grand éclat car dominé par d’innombrables micro partis avec lesquels un petit nombre de grandes formations partage à égalité, au nom de la démocratie, la voix et le crédit sur des sujets d’envergure national et international. On ne s’étonnera donc pas si les débats et discussions ont abouti à des revendications de places et de nouvelles dépenses en plus de celles occasionnées par les « dinika santatra » et autres « raiamandreny mijoro >>.
Tribune.com, Vendredi 13 août 2010, par Bill
dimanche, juin 20, 2010
BESSA
jeudi, avril 29, 2010
Marchandisation de la Fjkm et... achat de Dieu
1°) Comme les Ratsiraka et Tsiranana, Monsieur Ravalomanana encore candidat s'arroge le monopole du code électoral comme çà l'arrange pour se faire auto élire de manière financièrement occulte, en décembre 2006. C'est une preuve limpide que Monsieur Ravalomanana a ainsi abaissé le peuple Malagasy au niveau d'électeur-imbécile, comme du temps des Tsiranana-Pisodia et Ratsiraka-Arema. Monsieur Ravalomanana montre ainsi qu'il n'a ni le minimum de scrupules, ni le minimum de savoir de savoir-être et de savoir-faire pour être digne d'un Président de la République.
2°) Comme les Tsiranana-Pisodia et Ratsiraka-Arema, Monsieur Ravalomanana a donné les marchés publics aux étrangers, à lui-même et à ses proches.
- Il a manipulé
* la richesse nationale, financé sa candidature d'une manière occulte
* organisé des barrières financières occultes lors des élections présidentielles ; il a financé son parti politique d'une manière occulte.
- Il a rempli les Institutions par des membres de son parti pour mettre ainsi sur le dos de l'Etat le financement de son parti.
- Il a nommé un homme de son clan, ambassadeur en Suisse, ce pays où les banques ouvrent les comptes avec des codes sans révéler les noms.
En même temps, Monsieur Ravalomanana a donné des leçons d'intégrité et de lutte contre la corruption (du déjà-vu du temps des Tsiranana-Pisodia et Ratsiraka-Arema). Tout cela
c'est indigne !
C'est frustrant !
C'est appauvrissant !
C'est honteux!
C'est une preuve de plus et limpide de cynisme et de défaillance énorme de Monsieur Ravalomanana, en terme de savoir, de savoir-être, de savoir-faire, que devrait avoir un Président de la République digne de ce titre.
3°) Sans le moindre scrupule, dans ce contexte de financement occulte et de corruption des élections et des partis politiques, Monsieur Ravalomanana s'est incarné en la Justice elle-même :
- Président du Conseil supérieur de la magistrature, il a contrôlé la police, les forces armées -étant le Chef Suprêmes-, les prisons, la Bible, les marchés, le Fjkm...
- Il a nommé directement et/ou indirectement les membres de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), chargés de déclarer que c'est lui le Président élu !
4°) Monsieur Ravalomanana, qui pratique le financement occulte, a donné des leçons sur la corruption et l'intégrité ! Il a crée le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO) pour chasser les corrompus ! En réalité, Comme les Tsiranana-Pisodia, Ratsiraka-Arema, le régime Ravalomanana-Tim a maintenu à Madagascar une pratique de parti politique sans pédagogie, ni éthique, ni déontologie, ni cadrage juridique, et surtout financièrement occute ! C'est-à-dire corrompue !
Les Tsiranana-Pisodia, Ratsiraka-Arema, Ravalomanana-Tim ont incarné ainsi la corruption dans l'histoire de Madagascar de 1960-2008!
5°) Et la liste s'allonge ! Monsieur Ravalomanana s'est fait élire Vice-président de la FJKM (Eglise de Jésus-Christ à Madagascar, protestante réformée) à laquelle il a donné des sommes faramineuses à coup de publicité. Il a donc acheté la religion protestante et, par synergie, a acheté Dieu lui-même. Monsieur Ravalomanana a procédé ainsi à la marchandisation de la religion protestante à Madagascar, achetable et achetée, vendable et vendue, pour en faire un outil occulte politique, au sens bas et indigne du terme en habit du dimanche. Quelle provocation ! Quelle honte ! Quelle autodestruction de la culture « Ny maha Malagasy » !
En conclusion :
Tout cela constitue une blessure pour l'histoire de Madagascar qui mérite largement mieux ! Nous payons très cher ces 48 années de manque de prudence, de veille qualitative structurelle et systémique de l'Etat, de nos Institutions et de notre Constitution, un manque de vision qualitative d'intelligence d'ensemble.
Le moment n'est plus à la légèreté du voter parce que c'est un « bôgôsy », un riche, un militaire, un autodidacte, un natif de telle ou telle région, un membre de tel parti, de telle famille...
Il faudra faire une pédagogie efficiente sur ce qu'est la politique, la nécessité d'un cadrage juridique, la fin de l'évidence de 48 années de pourriture du financement des élections présidentielles et des partis politiques ; la nécessité d'un véritable cahier des charges des élus avec les compétences requises en terme de savoir, de savoir-faire et de savoir-être ( Il ne faut plus de Président ignorant du savoir et des autres, qui ne comprend même pas ce qu'il dit ou ce qu'il lit, avec des parlementaires qui ne comprennent même pas ce qu'ils votent... pour le devenir du pays).
Quelles solutions citoyennes ?
Un Président de La République de Madagascar doit inspirer la confiance dès son élection. Il doit faire preuve d'un minimum en termes de scrupules, savoir, savoir-faire et savoir-être. Pédagogue, et ayant une vision qualitative d'ensemble, il donne un sens lisible du développement, à la délicatesse des Institutions, et veille à une cohérence d'ensemble.
Il doit savoir préserver les cinq bases qui garantissent la vie, la survie et le développement de Madagascar :
- l'environnement des élections et des partis politiques
- l'environnement Juridique
- l’environnement du patriotisme et de l'Economie (mondialisée)
- l'environnement des Institutions (Présidence, Gouvernement, Parlement...)
- l'environnement du système éducatif.
Si une seule de ces cinq bases est torpillée tout le reste s’écroule. C'est systémique! C'est limpide! 1960, 1972, 1991, 2002 ...
La démonstration est ainsi faite que les trois régimes Tsiranana-Pisodia, Ratsiraka-Arema, Ravalomanana-TIM n'ont jamais été à la hauteur des enjeux et des véritables besoins qualitatifs de développement de la Grande île. Pour avoir un développement réel, palpable et durable, Madagascar continuera à travailler avec les partenaires étrangers mais avec un peu plus de dignité pour son peuple. A charge à ceux qui sont élus par une structure saine et digne, la compétence et la transparence de négocier les meilleures conditions possibles pour le bien-être du grand nombre.
Thaïna Johnson Jacky, dimanche 7 septembre 2008
2°) Comme les Tsiranana-Pisodia et Ratsiraka-Arema, Monsieur Ravalomanana a donné les marchés publics aux étrangers, à lui-même et à ses proches.
- Il a manipulé
* la richesse nationale, financé sa candidature d'une manière occulte
* organisé des barrières financières occultes lors des élections présidentielles ; il a financé son parti politique d'une manière occulte.
- Il a rempli les Institutions par des membres de son parti pour mettre ainsi sur le dos de l'Etat le financement de son parti.
- Il a nommé un homme de son clan, ambassadeur en Suisse, ce pays où les banques ouvrent les comptes avec des codes sans révéler les noms.
En même temps, Monsieur Ravalomanana a donné des leçons d'intégrité et de lutte contre la corruption (du déjà-vu du temps des Tsiranana-Pisodia et Ratsiraka-Arema). Tout cela
c'est indigne !
C'est frustrant !
C'est appauvrissant !
C'est honteux!
C'est une preuve de plus et limpide de cynisme et de défaillance énorme de Monsieur Ravalomanana, en terme de savoir, de savoir-être, de savoir-faire, que devrait avoir un Président de la République digne de ce titre.
3°) Sans le moindre scrupule, dans ce contexte de financement occulte et de corruption des élections et des partis politiques, Monsieur Ravalomanana s'est incarné en la Justice elle-même :
- Président du Conseil supérieur de la magistrature, il a contrôlé la police, les forces armées -étant le Chef Suprêmes-, les prisons, la Bible, les marchés, le Fjkm...
- Il a nommé directement et/ou indirectement les membres de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), chargés de déclarer que c'est lui le Président élu !
4°) Monsieur Ravalomanana, qui pratique le financement occulte, a donné des leçons sur la corruption et l'intégrité ! Il a crée le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO) pour chasser les corrompus ! En réalité, Comme les Tsiranana-Pisodia, Ratsiraka-Arema, le régime Ravalomanana-Tim a maintenu à Madagascar une pratique de parti politique sans pédagogie, ni éthique, ni déontologie, ni cadrage juridique, et surtout financièrement occute ! C'est-à-dire corrompue !
Les Tsiranana-Pisodia, Ratsiraka-Arema, Ravalomanana-Tim ont incarné ainsi la corruption dans l'histoire de Madagascar de 1960-2008!
5°) Et la liste s'allonge ! Monsieur Ravalomanana s'est fait élire Vice-président de la FJKM (Eglise de Jésus-Christ à Madagascar, protestante réformée) à laquelle il a donné des sommes faramineuses à coup de publicité. Il a donc acheté la religion protestante et, par synergie, a acheté Dieu lui-même. Monsieur Ravalomanana a procédé ainsi à la marchandisation de la religion protestante à Madagascar, achetable et achetée, vendable et vendue, pour en faire un outil occulte politique, au sens bas et indigne du terme en habit du dimanche. Quelle provocation ! Quelle honte ! Quelle autodestruction de la culture « Ny maha Malagasy » !
En conclusion :
Tout cela constitue une blessure pour l'histoire de Madagascar qui mérite largement mieux ! Nous payons très cher ces 48 années de manque de prudence, de veille qualitative structurelle et systémique de l'Etat, de nos Institutions et de notre Constitution, un manque de vision qualitative d'intelligence d'ensemble.
Le moment n'est plus à la légèreté du voter parce que c'est un « bôgôsy », un riche, un militaire, un autodidacte, un natif de telle ou telle région, un membre de tel parti, de telle famille...
Il faudra faire une pédagogie efficiente sur ce qu'est la politique, la nécessité d'un cadrage juridique, la fin de l'évidence de 48 années de pourriture du financement des élections présidentielles et des partis politiques ; la nécessité d'un véritable cahier des charges des élus avec les compétences requises en terme de savoir, de savoir-faire et de savoir-être ( Il ne faut plus de Président ignorant du savoir et des autres, qui ne comprend même pas ce qu'il dit ou ce qu'il lit, avec des parlementaires qui ne comprennent même pas ce qu'ils votent... pour le devenir du pays).
Quelles solutions citoyennes ?
Un Président de La République de Madagascar doit inspirer la confiance dès son élection. Il doit faire preuve d'un minimum en termes de scrupules, savoir, savoir-faire et savoir-être. Pédagogue, et ayant une vision qualitative d'ensemble, il donne un sens lisible du développement, à la délicatesse des Institutions, et veille à une cohérence d'ensemble.
Il doit savoir préserver les cinq bases qui garantissent la vie, la survie et le développement de Madagascar :
- l'environnement des élections et des partis politiques
- l'environnement Juridique
- l’environnement du patriotisme et de l'Economie (mondialisée)
- l'environnement des Institutions (Présidence, Gouvernement, Parlement...)
- l'environnement du système éducatif.
Si une seule de ces cinq bases est torpillée tout le reste s’écroule. C'est systémique! C'est limpide! 1960, 1972, 1991, 2002 ...
La démonstration est ainsi faite que les trois régimes Tsiranana-Pisodia, Ratsiraka-Arema, Ravalomanana-TIM n'ont jamais été à la hauteur des enjeux et des véritables besoins qualitatifs de développement de la Grande île. Pour avoir un développement réel, palpable et durable, Madagascar continuera à travailler avec les partenaires étrangers mais avec un peu plus de dignité pour son peuple. A charge à ceux qui sont élus par une structure saine et digne, la compétence et la transparence de négocier les meilleures conditions possibles pour le bien-être du grand nombre.
Thaïna Johnson Jacky, dimanche 7 septembre 2008
jeudi, avril 22, 2010
DINIHO KELY ITY: Omeo aloha ny ohatra
Serasera.org Message N°35917
Miarahaba ny rehetra,
Ny attentat sy ny Johannesburg de tsy mahataitra anay loatra. Le voalohany aloha d'efa noteneninay matetika oe ireo tompon'andraikitra ao ambadiky ny Fitondrana anieny eo ihany no eo e! Formation continue reo, hatr@ Tsiranana ka hatr@...Andry. Tsy manameloka an'iza n'iza fa ny tantara no hitsara. Le faharoa (ACCORDS Dakaroa, Accord politique de Maputo, de ahoana ndray Accord de Johannesburg) de resaka henonay foana, ary efa fantatra fa le fomba GASY tsy mahalala ny ENY sy TSIA ndray no vokany (Message N° 35850 NY HEVITRA TERA-BARY)...wait and see
F'ity misy hevitra natsipin'ny namana ka mba nanintona kely ary zaraina
DINIHO KELY ITY: Omeo aloha ny ohatra
LaGazette, Jeudi, 22 Avril 2010 06:23
Mba mahagaga ihany ireto mpanao pôlitika eto amintsika ireo. Heverin'izy ireo ho tsy misaina ve ny gasy ka ilazany izao antsanga tsy aman'orana rehetra izao?
Mahagaga tokoa fa dia mbola misy ihany ny mizizo amin'izany hoe tokony hanao fampihavanam-pirenena izany. Tsy misy maharatsy azy izany fampihavanana izany, kanefa iza àry moa no hampihavanina eto ê? Raha mba nanontaniana ny tetsy sy ny teroa dia samy gaga tokoa, ary manontany ny hoe fa iza no miady?... Tsy miady tokoa ny gasy, kanefa hampihavanin-dry zalahy, hono.
Raha ny hita, amin'izao fotoana izao, dia ry zareo mpanao pôlitika no miady, ary tsy tena ady araka ny fahalalan'ny rehetra azy aza izany fa ady seza. Tsy mifanao totohondry izany izy ireo rehefa mifanena fa dia mifampiarahaba sy mifampitsikitsiky tsara. Raha ny re aza moa dia toa hoe niara-nifety tany Afrika tany ry zareo lehibe mpitarika tamin'ny fitsingerenan'ny vanim-potoana nahaterahan'ny iray tamin'izy ireo.
Ny manahirana ihany koa, na "mampatahotra" ihany aza ny milaza azy, dia toa eto an-drenivohitra, Antananarivo, eto ihany no misy an'io "ady" io. Eto ihany no itaizana azy io, satria… tsy mandaitra angamba izany any amin'ny faritra any?... Manahirana, na "mampatahotra" ny miresaka an'izany, kanefa amin'ny lafiny hafa dia azo lazaina fa mampiseho ny fahendren'ny Malagasy amin'izao fotoana izao izany. Ny be kajikajy, no sady ratsy taiza eto an-drenivohitra eto ihany sisa no mety ho voajono amin'izany fampiadiana izany.
Koa rehefa tsy miady ny ambanilanitra, mifandray tanana ny mpanao pôlitika "salantsalany", efa nifampizara sy mbola hifampizana "gatô" ny pôlitisianina ngezalahy, dia inona no ho antom-pisian'izany fampihavanam-pirenena izany ê?
Tsy maintsy misy ny miady, izay vao misy ny fampihavanana, koa dia mipetraka ihany ny ahiahy amin'ny hoe sao dia mba famoronana an'izany ady izany àry no tanjon'ireny baomba mipoaka etsy se eroa sy itony tsy fandriam-pahalemana miha henjana isan'andro itony?
Nahoana àry ireto pôlitisianina ireo no mananatra ny gasy, kanefa ry zareo no manana olana? Tokony ho izy ireo aloha no hihavana marina, satria any amin'izy ireo ny olana. Tokony ho izy ireo aloha no hanome ny ohatra vao…
Ny tena izy izany dia tokony mba handinika ihany ry zalahy ireo vao manitrikitrika sy mizizo amin'ny heviny ê.
Alain R.
Miarahaba ny rehetra,
Ny attentat sy ny Johannesburg de tsy mahataitra anay loatra. Le voalohany aloha d'efa noteneninay matetika oe ireo tompon'andraikitra ao ambadiky ny Fitondrana anieny eo ihany no eo e! Formation continue reo, hatr@ Tsiranana ka hatr@...Andry. Tsy manameloka an'iza n'iza fa ny tantara no hitsara. Le faharoa (ACCORDS Dakaroa, Accord politique de Maputo, de ahoana ndray Accord de Johannesburg) de resaka henonay foana, ary efa fantatra fa le fomba GASY tsy mahalala ny ENY sy TSIA ndray no vokany (Message N° 35850 NY HEVITRA TERA-BARY)...wait and see
F'ity misy hevitra natsipin'ny namana ka mba nanintona kely ary zaraina
DINIHO KELY ITY: Omeo aloha ny ohatra
LaGazette, Jeudi, 22 Avril 2010 06:23
Mba mahagaga ihany ireto mpanao pôlitika eto amintsika ireo. Heverin'izy ireo ho tsy misaina ve ny gasy ka ilazany izao antsanga tsy aman'orana rehetra izao?
Mahagaga tokoa fa dia mbola misy ihany ny mizizo amin'izany hoe tokony hanao fampihavanam-pirenena izany. Tsy misy maharatsy azy izany fampihavanana izany, kanefa iza àry moa no hampihavanina eto ê? Raha mba nanontaniana ny tetsy sy ny teroa dia samy gaga tokoa, ary manontany ny hoe fa iza no miady?... Tsy miady tokoa ny gasy, kanefa hampihavanin-dry zalahy, hono.
Raha ny hita, amin'izao fotoana izao, dia ry zareo mpanao pôlitika no miady, ary tsy tena ady araka ny fahalalan'ny rehetra azy aza izany fa ady seza. Tsy mifanao totohondry izany izy ireo rehefa mifanena fa dia mifampiarahaba sy mifampitsikitsiky tsara. Raha ny re aza moa dia toa hoe niara-nifety tany Afrika tany ry zareo lehibe mpitarika tamin'ny fitsingerenan'ny vanim-potoana nahaterahan'ny iray tamin'izy ireo.
Ny manahirana ihany koa, na "mampatahotra" ihany aza ny milaza azy, dia toa eto an-drenivohitra, Antananarivo, eto ihany no misy an'io "ady" io. Eto ihany no itaizana azy io, satria… tsy mandaitra angamba izany any amin'ny faritra any?... Manahirana, na "mampatahotra" ny miresaka an'izany, kanefa amin'ny lafiny hafa dia azo lazaina fa mampiseho ny fahendren'ny Malagasy amin'izao fotoana izao izany. Ny be kajikajy, no sady ratsy taiza eto an-drenivohitra eto ihany sisa no mety ho voajono amin'izany fampiadiana izany.
Koa rehefa tsy miady ny ambanilanitra, mifandray tanana ny mpanao pôlitika "salantsalany", efa nifampizara sy mbola hifampizana "gatô" ny pôlitisianina ngezalahy, dia inona no ho antom-pisian'izany fampihavanam-pirenena izany ê?
Tsy maintsy misy ny miady, izay vao misy ny fampihavanana, koa dia mipetraka ihany ny ahiahy amin'ny hoe sao dia mba famoronana an'izany ady izany àry no tanjon'ireny baomba mipoaka etsy se eroa sy itony tsy fandriam-pahalemana miha henjana isan'andro itony?
Nahoana àry ireto pôlitisianina ireo no mananatra ny gasy, kanefa ry zareo no manana olana? Tokony ho izy ireo aloha no hihavana marina, satria any amin'izy ireo ny olana. Tokony ho izy ireo aloha no hanome ny ohatra vao…
Ny tena izy izany dia tokony mba handinika ihany ry zalahy ireo vao manitrikitrika sy mizizo amin'ny heviny ê.
Alain R.
samedi, avril 10, 2010
NY HEVITRA TERA-BARY
Miarahaba ny PISERA rehetra.
Manaraka ity serasera ity ihany rehefa manam-bola handoavana internet, efa antaonany maro izay. Marihina amin'izany fa manao lalan-kintan-KISOA daholo ny ankamaroan'ny mpisera eto. Amin'izao fotoana izao de ny fanenjehana ny HAT sy ny TGV no mafotaka eto. T@ 2002 de nilelaka an-ndr8. Amin'ny lafiny ray de tsy misy maharatsy izany fa ny mampalahelo de kely tadidy daholo ianareo mianakavy.
Apetrao @ laoniny aloha ny tantara.
1-Inona no nahatonga ny Revolution Orange?
Marc Ravalomanana 4 mandats pour finir la construction par Eugène R.
L'Express de Madagascar, Edition n° 3601 du 09-01-2007
Avec sa force actuelle, l’opposition ne peut pas jouer le rôle de contre-pouvoir. Ce qui faciliterait la marche du président réélu Marc Ravalomanana vers un troisième ou un quatrième mandat...
Avy eo nisy ny SAKOROKO raha ts'zany na mandrapahafatiny aza ny RAINAREO prezidà teo foana. Aza kely ati-doha fa raha tsy fanonganam-panjakana na zay ilazanreo azy tsy niongana teo mihitsy izy. Zao nareo mitady oe hiverina @ LEGALITE, (mieritrereta). Avy eo lazainareo fa ny HAT ndray no namono olona teny Ambohitsorohatra (Lundi noir)...
2-Famine dans le Sud Déjà des victimes
Madagascar Tribune, N° 5451 : Mercredi 03 Janvier 2007, Alphonse M.
Contrairement aux informations véhiculées par certains médias, le « kere » (famine) qui sévit dans le sud de l’île a déjà fait des victimes. Selon notre source, faute de nourriture, des pertes de vie humaine ont été signalées dans la région de l’Androy sans compter la quasi inexistence de l’eau. Les femmes et les enfants sont les plus touchés par ce fléau. Sur le marché, les bétails sont bradés pour pouvoir acheter des aliments...
Lazainareo fa ny HAT no mampahantra antsika, ny fahantrana efa teo foana fa aza dondrona, ny vola any am-paosiny DADANAREO. Tsy hiova akory izany na iza na iza hitondra fanjakana eo. Amboary ny saina de hamafiso ny lalàna. Trafique de Bois de Rose, d’influence, de corruption, fa ahoana e! Iza no nanomboka lay fintrandrahana bois de rose??? efa teo anie reo hazo ireo vao tonga teo ny HAT e! Tsy manadio an-dry zalahy akory, fa nareo be vava reo ve raha nahita ny saosy nihanahana teo de ahoana???
Des milliers de Malagasy qui ont perdus leur travail ? Ny fianakavinako koa ao anatin'izany, tsy maninona io fa reveo, rehefa manendy atody ts'maintsy misy vaky. Tadidio fa na ho ela na ho aingana de ts'maintsy ho foana ny tsena hafak'haba (zone franche),nitontona @ zao fotoana zao zany.
Des MILLIERS D’ENFANTS et de familles qui sont à la rue, sans nourriture, sans foyers, vivant au jour le jour. Zany indrindra no mila fanovana, tsy vao androany akory no misy izany, ary aza manao ririnin-dasa tsy mba tsaroana fa io resaka io foana no nahatonga ny SAKOROKA teto DAGO, 1972 à 2002 en passant par ceux de 1991 et 2001 na 2009, vokany rà mandriaka no narotsaka teto @ FIRENENA.
3-FEHINY: Na nareo any andafy any aza de hafahafa fisainana tsy mahatanty zany DEMOKRASIA zany. Tsy eken'ny sainareo raha tsy mitovy hevitra ny olona rehetra. Ataonareo anaty harona ray daholo ny olona rehetra ao @ HAT ary tsy maintsy mitovy fisainana. Olona samihafa daholo anie ireo e! ao ny mpangalatra tsy misaina afa-tsy ny hanolana volam-bahoaka, ao ny mpitady seza, ao ny mpanao polifika masiso hatramin'ny 1960, na zany aza ao koa no tena misy TIA Tanindrazana. Ireo no atao oe vahoaka malagasy ary hevitra ray no tanjona "HANOVA ZAVATRA" repoblika faha 4.
Aoka isika samy malagasy no hifandamina, ary raha mety rebireben'ny RENIMALALA na ny firenena hafa any de reveo ao fa antsika, mba LEHIBE @ zay fa efa 50 taona zao.
Hatreo aloha fa vonona hifanandrina aminareo aho.
"il faut toujours se référer à l’histoire pour pouvoir mieux se repérer et améliorer les choses. Ou à les corriger. Un pays qui n’a pas de source historique, flotte".(OLALA,Me Willy Razafinjatovo)
Des piques aux détracteurs du régime
Midi Madagascar, Parution N° : 7729 du 10 janvier 2009 Recueillis par Dominique R.
Marc RAVALOMANANA. « Pour ceux qui s’aventurent à fustiger le régime, nous serons intraitables », a averti le président de la République...
OppositionLe CRN mobilise certaines régions
Midi, Parution N° : 7493 du 2 avril 2008 par Fano Rakotondrazaka
...Les dirigeants du CRN réunis hier à la villa Elisabeth...Le membre fervent du Comité pour la réconciliation nationale (CRN), Tabera Randriamanantsoa, a fait un bilan de 1882 détenus politiques depuis l'avénement de Marc Ravalomanana au pouvoir. Il a annoncé hier, à la villa Elisabeth, que l'identité de ces personnes, ainsi que les conditions de leur détention feront l'objet d'une publication prochaine.
Raha ny akama no mangetotra de tsy maimbo fa raha ny hafa de mampi-degôba.
Manaraka ity serasera ity ihany rehefa manam-bola handoavana internet, efa antaonany maro izay. Marihina amin'izany fa manao lalan-kintan-KISOA daholo ny ankamaroan'ny mpisera eto. Amin'izao fotoana izao de ny fanenjehana ny HAT sy ny TGV no mafotaka eto. T@ 2002 de nilelaka an-ndr8. Amin'ny lafiny ray de tsy misy maharatsy izany fa ny mampalahelo de kely tadidy daholo ianareo mianakavy.
Apetrao @ laoniny aloha ny tantara.
1-Inona no nahatonga ny Revolution Orange?
Marc Ravalomanana 4 mandats pour finir la construction par Eugène R.
L'Express de Madagascar, Edition n° 3601 du 09-01-2007
Avec sa force actuelle, l’opposition ne peut pas jouer le rôle de contre-pouvoir. Ce qui faciliterait la marche du président réélu Marc Ravalomanana vers un troisième ou un quatrième mandat...
Avy eo nisy ny SAKOROKO raha ts'zany na mandrapahafatiny aza ny RAINAREO prezidà teo foana. Aza kely ati-doha fa raha tsy fanonganam-panjakana na zay ilazanreo azy tsy niongana teo mihitsy izy. Zao nareo mitady oe hiverina @ LEGALITE, (mieritrereta). Avy eo lazainareo fa ny HAT ndray no namono olona teny Ambohitsorohatra (Lundi noir)...
2-Famine dans le Sud Déjà des victimes
Madagascar Tribune, N° 5451 : Mercredi 03 Janvier 2007, Alphonse M.
Contrairement aux informations véhiculées par certains médias, le « kere » (famine) qui sévit dans le sud de l’île a déjà fait des victimes. Selon notre source, faute de nourriture, des pertes de vie humaine ont été signalées dans la région de l’Androy sans compter la quasi inexistence de l’eau. Les femmes et les enfants sont les plus touchés par ce fléau. Sur le marché, les bétails sont bradés pour pouvoir acheter des aliments...
Lazainareo fa ny HAT no mampahantra antsika, ny fahantrana efa teo foana fa aza dondrona, ny vola any am-paosiny DADANAREO. Tsy hiova akory izany na iza na iza hitondra fanjakana eo. Amboary ny saina de hamafiso ny lalàna. Trafique de Bois de Rose, d’influence, de corruption, fa ahoana e! Iza no nanomboka lay fintrandrahana bois de rose??? efa teo anie reo hazo ireo vao tonga teo ny HAT e! Tsy manadio an-dry zalahy akory, fa nareo be vava reo ve raha nahita ny saosy nihanahana teo de ahoana???
Des milliers de Malagasy qui ont perdus leur travail ? Ny fianakavinako koa ao anatin'izany, tsy maninona io fa reveo, rehefa manendy atody ts'maintsy misy vaky. Tadidio fa na ho ela na ho aingana de ts'maintsy ho foana ny tsena hafak'haba (zone franche),nitontona @ zao fotoana zao zany.
Des MILLIERS D’ENFANTS et de familles qui sont à la rue, sans nourriture, sans foyers, vivant au jour le jour. Zany indrindra no mila fanovana, tsy vao androany akory no misy izany, ary aza manao ririnin-dasa tsy mba tsaroana fa io resaka io foana no nahatonga ny SAKOROKA teto DAGO, 1972 à 2002 en passant par ceux de 1991 et 2001 na 2009, vokany rà mandriaka no narotsaka teto @ FIRENENA.
3-FEHINY: Na nareo any andafy any aza de hafahafa fisainana tsy mahatanty zany DEMOKRASIA zany. Tsy eken'ny sainareo raha tsy mitovy hevitra ny olona rehetra. Ataonareo anaty harona ray daholo ny olona rehetra ao @ HAT ary tsy maintsy mitovy fisainana. Olona samihafa daholo anie ireo e! ao ny mpangalatra tsy misaina afa-tsy ny hanolana volam-bahoaka, ao ny mpitady seza, ao ny mpanao polifika masiso hatramin'ny 1960, na zany aza ao koa no tena misy TIA Tanindrazana. Ireo no atao oe vahoaka malagasy ary hevitra ray no tanjona "HANOVA ZAVATRA" repoblika faha 4.
Aoka isika samy malagasy no hifandamina, ary raha mety rebireben'ny RENIMALALA na ny firenena hafa any de reveo ao fa antsika, mba LEHIBE @ zay fa efa 50 taona zao.
Hatreo aloha fa vonona hifanandrina aminareo aho.
"il faut toujours se référer à l’histoire pour pouvoir mieux se repérer et améliorer les choses. Ou à les corriger. Un pays qui n’a pas de source historique, flotte".(OLALA,Me Willy Razafinjatovo)
Des piques aux détracteurs du régime
Midi Madagascar, Parution N° : 7729 du 10 janvier 2009 Recueillis par Dominique R.
Marc RAVALOMANANA. « Pour ceux qui s’aventurent à fustiger le régime, nous serons intraitables », a averti le président de la République...
OppositionLe CRN mobilise certaines régions
Midi, Parution N° : 7493 du 2 avril 2008 par Fano Rakotondrazaka
...Les dirigeants du CRN réunis hier à la villa Elisabeth...Le membre fervent du Comité pour la réconciliation nationale (CRN), Tabera Randriamanantsoa, a fait un bilan de 1882 détenus politiques depuis l'avénement de Marc Ravalomanana au pouvoir. Il a annoncé hier, à la villa Elisabeth, que l'identité de ces personnes, ainsi que les conditions de leur détention feront l'objet d'une publication prochaine.
Raha ny akama no mangetotra de tsy maimbo fa raha ny hafa de mampi-degôba.
mercredi, janvier 27, 2010
50 ANS DE VIE POLITIQUE POST COLONIALE A MADAGASCAR : L’INNOMMABLE DESASTRE
Ile-continent de 592 000 kms2 située à 400 kms des côtes orientales africaines et à 10 000 kms de la France, Madagascar célèbrera dans six mois le cinquantième anniversaire de son indépendance. Ses quelque 19 millions d’habitants, dont au moins 70 % vivent, d’après les spécialistes, en-dessous du seuil de pauvreté, auront-ils la tête et le cœur à se réjouir de cet important évènement ? Rien n’est moins sûr. Leur seule et véritable préoccupation, aujourd’hui, se focalise sur la recherche de la pitance quotidienne dans un monde totalement absurde où la surconsommation et l’opulence la plus criante du plus petit nombre cohabitent avec la famine et l’indigence la plus dégradante du plus grand nombre. La Grande Ile fait partie des pays les plus pauvres du monde et ne doit, désormais, sa survie qu’à l’afflux des aides internationales et au développement d’une économie parallèle informelle où le népotisme, le copinage, l’affairisme, la vénalité et la corruption rongent, comme un gigantesque cancer, tous les rouages de la vie politique, économique, financière, sociale et culturelle du pays.
Comment et pourquoi cette île qui fut pourtant l’un des plus beaux fleurons de l’Afrique francophone au lendemain de la décolonisation de 1960 en est-elle arrivée là ?
Il serait hasardeux d’expliquer le déclin de ce pays, qui regorge pourtant de ressources naturelles agricoles et minières abondantes et variées, par de simples théories économiques qui mettent en avant, par exemple, son éloignement géographique par rapport aux grands centres d’intérêt commerciaux et financiers mondiaux, son climat capricieux qui ravage régulièrement ses régions côtières, son manque d’ouverture et d’intégration commerciale et financière, notamment vis-à-vis des grands pôles commerciaux africains régionaux (COMESA, SADC) (1), ou encore la faiblesse des efforts financiers qu’il peut déployer pour assurer la promotion de ses ressources humaines. Ces facteurs doivent, naturellement, être pris en compte, mais une analyse poussée de leurs prétendus impacts sur la situation conduit très rapidement à démontrer qu’il s’agit, en réalité, d’évidentes contre-vérités. En tout état de cause, ils ne peuvent pas, à eux seuls, expliquer l’important retard pris par la Grande Ile en termes, notamment, d’infrastructure, de technologie ou encore de développement humain.
Le sous-développement chronique de Madagascar, «conséquence dramatique de quatre décennies de régression quasiment ininterrompue des niveaux de vie» (2) s’explique peut-être aussi, et sans doute principalement, par les turpitudes de ses dirigeants politiques et l’inadéquation de ses principales institutions, lesquelles ont ouvert la voie à de graves dérives en matière de gouvernance. Nous allons essayer d’en faire la démonstration.
Le « libéralisme socialisant» de Philibert Tsiranana et ses vicissitudes.
Successivement Protectorat (1895), Colonie (1896) et République membre de l’Union française (1958-1960), avant de recouvrer son indépendance le 26 juin 1960, la Grande Ile s’est fait remarquer, pendant les douze premières années de son indépendance, par sa légendaire stabilité politique. Cette première période postcoloniale présidée par Philibert Tsiranana, fut particulièrement marquée par l’omniprésence et l’omnipotence des conseillers techniques étrangers - français dans leur quasi-totalité - qui étaient aux commandes des principaux leviers de la machine administrative, économique et financière du pays. Madagascar connut néanmoins une certaine forme de progrès : sa population mangeait à sa faim et « l’Ile heureuse », comme on se complaisait alors à l’appeler, était exportatrice de riz, l’aliment de base du Malgache qui en consommerait 140 kgs par an.
En réalité, dès le milieu des années soixante, les Malgaches ont commencé à manifester leurs mécontentements vis-à-vis du pouvoir en place. A leur manière, ils dénoncèrent, d’une part la totale domination de l’économie de leur pays par les étrangers, d’autre part la mainmise du Parti Social Démocrate (PSD), parti politique gouvernemental, sur l’ensemble de l’appareil politico-administratif et de production de l’île.
Il faut noter, en effet, que les étrangers contrôlaient 80 % de l’économie moderne du pays et détenaient 90 % des capitaux qui y étaient investis. Sur les dizaines de milliards de FMG que drainaient annuellement les entreprises étrangères, 36 à 40 % étaient régulièrement transférés hors de la Grande Ile. Enfin, une comparaison des revenus annuels des différents éléments de la population faisait apparaître des différences considérables entre, d’une part les citadins et les ruraux autochtones, d’autre part les étrangers, les disparités étant allées de 1 à 25. Quant au PSD, un auteur avait affirmé qu’il était parvenu à une telle puissance qu’une véritable symbiose s’était faite entre lui, le Régime et l’Etat, et qu’on ne pouvait même plus dire que l’Administration intervenait en sa faveur parce que cette dernière, justement, est devenue un des principaux rouages de ce parti, avec toutes les dérives que cette situation devait immanquablement engendrer
La première crise politique éclata ainsi en 1971 lorsque la Gendarmerie Nationale tenta d’écraser la révolte des éleveurs du Sud-Ouest qui refusaient de payer leurs impôts. Une grève générale, déclenchée un an plus tard, par des lycéens et des universitaires sur la quasi-totalité du pays amplifia le mouvement. La nuit du 12 mai 1972, quelque 400 grévistes réunis à l’Université d’Antananarivo furent alors arrêtés et déportés au bagne de Nosy-Lava.
Cette erreur tactique et politique majeure signa l’arrêt de mort du Régime en place et propulsa au pouvoir, en qualité de chef du Gouvernement, le Général Gabriel Ramanantsoa. La Grande Ile connut alors une nouvelle période politique relativement courte (1972-1975) mais très complexe, émaillée d’affrontements divers entre différentes forces civiles, militaires, politiques et même ethniques. Le point d’orgue en fut la disparition tragique - qui reste à élucider - du Colonel Richard Ratsimandrava, le malheureux successeur du Général Ramanantsoa, assassiné le 11 février 1975 après seulement six jours d’exercice du pouvoir. Mais, paradoxalement, le pays se stabilisa de nouveau après l’avènement, le 01 janvier 1976, de la République démocratique de Madagascar (RDM).
Les avatars de la République Démocratique malgache de Didier Ratsiraka.
Ministre des Affaires étrangères du Général Ramanantsoa, négociateur des nouveaux Accords de coopération avec la France et promoteur de l’ouverture de Madagascar vers les pays de l’Est, Didier Ratsiraka accéda à la magistrature suprême du pays par la voix directe du peuple, après avoir fait adopter par la même consultation populaire une nouvelle Constitution et sa « Charte de la Révolution socialiste malgache », une sorte de profession de foi dans laquelle il manifesta sa volonté, par ailleurs tout à fait légitime, de se démarquer de l’influence française. Il mit en place, par le biais de la révolution socialiste tous azimuts, de nouvelles structures étatiques plus adaptées, de son point de vue, à l’objectif d’indépendance plus réelle de son pays vis-à-vis de l’extérieur.
Dès la fin de l’année 1976, l’étatisation de l’économie de la Grande Ile s’est ainsi traduite par le contrôle à 61 % par l’Etat socialiste malgache de la machine économique, dont 100 % pour les assurances et les banques, l’eau et l’électricité, 78 % pour les exportations, 70 % pour le commerce intérieur, 60 % pour les importations, 35 % pour l’industrie et 14 % pour les transports maritimes.
L’histoire est-elle un éternel recommencement ? La question reste posée car, pour la seconde fois, elle vit l’émergence, l’organisation et le développement au sein d’un nouveau parti politique, l’Avant-Garde de la Révolution socialiste malgache (AREMA), d’une nouvelle bourgeoisie d’affaires nationale au pouvoir tentaculaire, gravitant autour de Didier Ratsiraka et infiltrée dans tous les rouages de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays : les Forces armées, les banques, les assurances, la Justice, les sociétés d’Etat, les grandes compagnies privées et, bien entendu, l’Administration.
Cette nouvelle intrusion de la politique partisane dans la gestion des affaires publiques, couplée avec un climat de morosité de l’économie mondiale, constitua le ferment d’une nouvelle et très importante crise économique, financière et sociale, tous les indicateurs macro-économiques du pays ayant alors viré au rouge.
En 1985, appelés au chevet d’un Etat malgache au bord de la cessation de paiement, le FMI et la Banque Mondiale apportèrent leurs remèdes-miracles, avec les conditionnalités draconiennes d’usage dans leur célèbre Programme d’Ajustement Structurel (PAS) : libéralisation du commerce, privatisation ou dissolution des sociétés d’Etat, levée du monopole d’Etat sur les activités bancaires, dévaluation du franc malgache, assainissement progressif des finances publiques et arrêt des recrutements dans la Fonction Publique, allègement des charges fiscales pesant sur les entreprises, encouragement du développement du secteur informel de l’économie, etc.
Bref, il s’agissait purement et simplement de dynamiter méthodiquement et systématiquement toutes les structures socialisantes du pouvoir socialiste de Didier Ratsiraka : une véritable hérésie pour les dogmatiques et les caciques du Régime ! Mais l’argent coula à flots et permit à une nouvelle frange de la population évoluant dans le secteur informel de se constituer des fortunes colossales en un temps record, sous l’œil indifférent des Institutions de Bretton Woods.
Ce revirement forcé à 180° de la philosophie politique et du modèle de développement économique du pays n’apporta cependant aucun changement palpable sur le plan national, bien au contraire. La grande majorité de la population malgache continua de s’appauvrir d’une manière dramatique. Une nouvelle grève générale déclenchée dans tout le pays en juillet 1991 et une marche pacifique de la foule tananarivienne sur le Palais d’Etat située dans la banlieue sud de la capitale, un mois plus tard, chassèrent alors Didier Ratsiraka du pouvoir, non sans effusion de sang. Il partit se réfugier en France et fut remplacé par Albert Zafy, un professeur agrégé de médecine.
Quatre ans plus tard, Didier Ratsiraka revint cependant à la magistrature suprême du pays, après des élections censées avoir été démocratiques, organisées à la suite de l’échec retentissant de la présidence d’Albert Zafy (1991-1996) qui a fait l’objet d’une procédure constitutionnelle d’empêchement par les membres les plus influents de son propre camp. Mais les événements dramatiques consécutifs à l’élection présidentielle de la fin de l’année 2001(3) le chassèrent encore une fois du pouvoir. En juin 2002, il fut contraint de se réfugier de nouveau en France et vit toujours dans les quartiers chics de la capitale française.
Marc Ravalomanana devint alors le cinquième Président de la République malgache depuis l’indépendance de 1960, mais le premier originaire des Hauts Plateaux - il est important de le souligner - élu par la voie des urnes.
Marc Ravalomanana, l’homme du changement ?
Totalement inconnu du grand public avant son arrivée à la tête de la Mairie d’Antananarivo dont il assura la gestion avec une redoutable efficacité, Marc Ravalomanana étonna tout le monde lorsqu’il se présenta aux élections présidentielles de décembre 2001. Déclaré vainqueur après le premier tour qui a généré moult rebondissements, il déchaîna toutes les passions, tant sur le territoire national qu’à l’extérieur, le fulgurant développement des NTIC ayant permis à la diaspora, via Internet, de prendre une part importante, et sans doute même déterminante, aux débats qui se sont livrés sur le sujet. Il y eut, bien entendu, l’admiration débordante de ses supporters, mais aussi la suspicion, la rancœur, l’esprit de vengeance et la haine viscérale de ses détracteurs.
Self-made-man, propriétaire de la plus importante unité agroalimentaire de l’île, Marc Ravalomanana dérangeait, semble-t-il, à cause de ses origines paysanne et merina (4), des succès qu’il a enregistrés dans la gestion de ses affaires privées (le Groupe Tiko) et publiques (la Mairie d’Antananarivo), enfin de la foi inébranlable qui l’animait. Son credo : la bonne gouvernance. Son ambition : le développement rapide et durable de son pays. Ses moyens : la bonne volonté et l’honnêteté intellectuelle des hommes et femmes dont il s’est entouré, ainsi que le soutien financier de la Communauté internationale, le FMI et la Banque Mondiale en particulier.
Mais la situation économique, financière et sociale que le régime de Didier Ratsiraka lui a laissée en héritage était la plus dramatique que la Grande Ile ait jamais connue depuis son indépendance. Didier Ratsiraka, bien entendu, n’en était pas le seul responsable. Toute sa cour était également et totalement impliquée dans ce terrible échec, plus particulièrement tous ces technocrates hyper-doués (Polytechnique, Centrale, Mines, ISA, IEP, IAE, EDHEC, MBA, etc.) qui, par amitié et fidélité sans doute, ont mis leur science, leur savoir et leur savoir-faire au service de leur chef suprême. Pendant les 25 années de règne sans partage du Président de la RDM, ils n’ont su ni contenir ni neutraliser les manœuvres les plus abjectes des affairistes de tous bords et des opportunistes sans foi ni loi qui ont procédé au pillage systématique et au dépeçage scientifique de toutes les richesses du pays, ravalant ainsi ce dernier aux premiers rangs des pays les plus pauvres du monde.
Marc Ravalomanana s’était engagé à changer cette situation incompréhensible et intolérable. Il a essayé de s’en donner les moyens, mais il n’y eut ni miracles ni «développement rapide et durable», pour reprendre une expression qu’il semblait affectionner. Il s’est pourtant attaqué, avec conviction et résolution, aux sujets les plus urgents : le développement des infrastructures routières, l’amélioration de la protection sanitaire et sociale, le renforcement du système éducatif, mais aussi la bataille contre la corruption, pour inverser le cours de l’histoire et soulager la grande majorité des Malgaches de son insoutenable pauvreté.
A l’instar de ses prédécesseurs, il n’a malheureusement pas su maîtriser à temps les manœuvres insidieuses de son entourage. Le nouveau parti politique Tiako i Madagasikara (TIM) qu’il a créé et fait développer, notamment, est devenu une véritable machine de guerre, non seulement ultra dominante au sein des deux chambres du Parlement, mais encore et surtout infiltrée dans les rouages du pouvoir politique, administratif, financier et de production du pays. Tout naturellement, il a fini par verser dans les errements, les dérapages et les dérives totalitaires du PSD et de l’AREMA en leur temps, signant de facto l’arrêt de mort du Régime.
Il est cependant important, par fidélité à l’Histoire, de mentionner que, très objectivement, Marc Ravalomanana était encore le seul homme politique malgache, depuis l'indépendance de l’île, à avoir eu une vraie vision du développement de son pays et à tenter de se donner les moyens de faire avancer les choses. En quelques années, il a réussi ce que personne d'autre n'a fait, ne serait-ce que pour les infrastructures routières ou le développement de l'agrobusiness. La cécité politique dont il a fait preuve reste incompréhensible, car les signes avant-coureurs de son déclin étaient là, bien visibles, notamment lorsque le TIM perdit la mairie de la capitale aux élections municipales du 12 décembre 2007, au profit d’un jeune et riche chef d’entreprise, Andry Rajoelina, self made man comme lui.
La réélection à la Présidence de la République de Marc Ravalomanana en décembre 2006, bien que difficilement acquise (5), a sans doute pu lui faire penser que tout lui était désormais possible et permis. D'où l'abus - jusqu'à la lie - d’une position dominante, non seulement inacceptable sur le principe, mais également intenable sur le long terme. Réputé personnage, plus d’instinct que de raison, il aurait peut-être dû écouter davantage ses conseillers, les plus lucides et les plus honnêtes d’entre eux. Il y en a eu. Cela lui aurait évité de commettre les trois erreurs politiques majeures qui lui furent fatales et qui ont permis à Andry Rajoelina de lui ravir sa place dans les conditions dramatiques qui sont rappelées dans les lignes qui suivent.
« La révolution orange » d’Andry Rajoelina et l’indescriptible désordre institutionnel qu’elle a généré.
Plagiat de la révolution orange ukrainienne de 2004, la révolution orange malgache de décembre 2008, est la résultante de trois évènements politiquement sensibles qui ont définitivement scellé le sort de l’avenir politique du dernier Président de la République élu de la Grande Ile, réfugié aujourd’hui en Afrique du Sud :
* d’abord, la fermeture de la télévision Viva TV, propriété d’Andry Rajoelina, accusée d’avoir diffusé une récente interview de Didier Ratsiraka sur la situation politique du pays, cette fermeture ayant été citée comme un exemple parmi d’autres d’une nième atteinte des pouvoirs publics en place à la liberté d’expression ;
* ensuite, la révélation de la négociation d’un important contrat entre l’Etat malgache et la société sud-coréenne Daewoo Logistics, relatif à un projet de location de terres pour la culture de maïs et de palmiers à huile : une véritable hérésie d’après ses détracteurs, quand on sait l’attachement viscéral du Malgache à la terre de ses ancêtres ;
* enfin, l’achat par Marc Ravalomanana, d’un nouvel avion présidentiel dont le coût – 60 millions de dollars – aurait plus ou moins correspondu au montant des aides internationales qui devaient être versées aux Pouvoirs Publics malgaches pour des actions, non pas d’apparat, comme on a pu le lui reprocher, mais de développement.
En moins de trois mois, ce mouvement prétendument populaire, alimenté et animé en fait par une foule tananarivienne disparate, déçue de la mauvaise gouvernance de Marc Ravalomanana, a conduit Andry Rajoelina (entretemps démis de ses fonctions de maire de la capitale) et sa troupe à prendre le pouvoir par la force, avec l’aide d’une petite (mais puissamment outillée) fraction de l’armée.
Le bilan de ce coup d’Etat, condamné par l’ensemble de la Communauté internationale, fut très lourd : au moins une centaine de morts, des arrestations arbitraires, un appareil de production - plus particulièrement du Groupe Tiko - pillé et vandalisé, des incitations à la violence, des mutineries, une atteinte invraisemblable à l’intégrité de diplomates étrangers et, enfin, des accusations - totalement infondées – de tentatives d’attentats à la bombe contre les adversaires les plus actifs de cette prise de pouvoir illégal.
Une grave crise institutionnelle s’en est suivie, à laquelle se sont mêlés, de surcroît, les anciens Présidents de la République, Didier Ratsiraka, Albert Zafy et, naturellement, Marc Ravalomanana, chacun d’eux s’obstinant à vouloir reprendre une part active, au plus haut niveau de l’Etat (du moins de ce qu’il en reste), à la gestion des affaires nationales et internationales du pays, par le biais de leurs mouvances politiques respectives.
Plus d’un an après le début de cette crise, aucune solution sérieuse ne semble pourtant se profiler à l’horizon, en dépit des interventions maintes fois répétées et des menaces de sanctions lourdes - notamment financières - de plus en plus précises, brandies par la Communauté internationale (Union africaine, SADC, Union Européenne, Etats Unis), laquelle n’a de cesse de prôner le rétablissement de l’ordre constitutionnel, la mise en place d’institutions transitoires dites « consensuelles et inclusives » et le retour de la démocratie.
Les dernières actualités politiques malgaches apportent chaque jour leurs lots de mauvaises surprises. L’exemple dramatique et le plus injuste est l’exclusion de Madagascar du bénéfice de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act, un système de préférence douanière qui permet à certains pays africains de pénétrer plus facilement le marché américain), avec en perspective la destruction de quelque 180 000 emplois directs et indirects liée à la fermeture probable d’au moins une vingtaine d’usines textiles des zones franches touchées par cette mesure à très large connotation politique. C’est également le cas du processus de paix, initié et mis en place au forceps par la Communauté internationale, qui a volé en éclats après la récente décision unilatérale d’Andry Rajoelina de s’en retirer.
Il devient ainsi de plus en plus illusoire de croire et d’espérer que tous les politiciens impliqués dans ce désastre finiront un jour par revenir à la raison et à s'accorder sur un règlement fraternel, consensuel et définitif de leurs querelles ignominieuses. A cause de leur entêtement, de leurs atermoiements, de leurs tergiversations et de leur mauvaise foi manifeste, le Malgache de la rue continue, lentement mais sûrement, sa descente vers les bas fonds de l'indigence la plus absolue. Malgré sa patience légendaire, il ne serait pas surprenant qu’il participe, demain, à des actes de désespoir total : une émeute de la faim, par exemple.
Aussi, la tentation est-elle grande, aujourd’hui, de s’en remettre à l’intermédiation de l’armée, avec un grand «A», celle qui aurait encore le sens de l’honneur, de la parole donnée, de la discipline (c’est son métier !) et de « l’intérêt supérieur de la Nation », cette notion trop de fois galvaudée au cours de cette crise interminable et honteuse. Cette armée aurait pour principale mission de rétablir l’ordre, en mettant en veilleuse la politique et, surtout, en écartant de la direction actuelle des affaires nationales tous les protagonistes de ce désordre institutionnel inacceptable. Elle organiserait ensuite, le plus rapidement possible, de nouvelles élections, pour départager par les urnes tous les prétendants à des fonctions publiques, présidentielles en premier lieu. Ces consultations seraient organisées sous la surveillance étroite d’observateurs internationaux, pour garantir l’égalité des chances des candidats et, surtout, la liberté de choix de chaque citoyen.
La seule et lancinante question est de savoir si la Grande Muette qui, elle aussi, subit actuellement de plein fouet les affres de l’indiscipline de certains de ses éléments, est réellement en mesure de se donner les moyens de la réalisation de cette noble mission, pour que triomphent enfin dans ce merveilleux pays, non pas les hommes ni les mouvances politiques, mais les nouveaux projets de société et les programmes de développement viables et réalisables qui lui ont tant manqué au cours de ces dernières décennies.
Ce sera sans doute le prix fort à payer pour le retour d’une vraie paix sociale, durable et profitable au plus grand nombre. Et c’est tout le mal qu’on puisse souhaiter à la Grande Ile à la veille de la célébration du cinquantenaire de son indépendance, en attendant l’arrivée prochaine d’un nouveau Président de la République qui aurait à la fois «la naïve droiture» d’Albert Zafy dans la conduite des affaires nationales, «la belle prestance» de Didier Ratsiraka, du temps de sa splendeur, au niveau international, «l’instinctive habileté» de Marc Ravalomanana dans les activités économiques et, enfin (soyons fous), «l’insolent jusqu'au-boutisme» d’Andry Rajoelina, le tout dans le seul, unique et exclusif «intérêt supérieur de la Nation»(6).
Roger RABETAFIKA
Institut Supérieur d’Etudes Comptables
Faculté de Droit et de Science Politique
Université Paul Cézanne d’Aix-Marseille III
1.Les pays membres de la COMESA et de la SADC sont : l’Angola, le Burundi, les Comores, la République Démocratique du Congo, Djibouti, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, la Libye, Madagascar, le Malawi, l’Ile Maurice, les Seychelles, le Swaziland, le Soudan, l’Ouganda, la Zambie, le Zimbabwe, le Botswana, le Lesotho, le Mozambique, la Tanzanie, la Namibie et l’Afrique du Sud. Un gigantesque marché de plus de 350 millions de consommateurs potentiels.
2. Fourmann E., « Madagascar après la crise, perspectives économiques 2003-2004 », Rapport de la Direction de la stratégie - Département des politiques générales - Division des études macroéconomiques au siège de l’Agence Française de Développement, janvier 2003.
3. Le bras de fer auquel se sont livrés les deux candidats à l’élection présidentielle du 16 décembre 2001, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana, qui a vu la victoire de ce dernier, a failli plonger le pays dans une effroyable guerre civile aux conséquences incalculables.
4. La population malgache comprend 18 ethnies. L’Histoire a toujours enseigné que les Merina, minoritaires, originaires des Hauts Plateaux, auraient eu la mainmise sur l’essentiel de l’appareil politico-administratif et de production du pays. On avait ainsi l’habitude de les opposer aux 17 autres ethnies de l’île, en appliquant la politique parfaitement rodée mais désormais éculée du régime colonial : « diviser pour régner ».
5.Il ne fut réélu qu’avec 54,79 % des voix.
6.Merci à Lily R. d’avoir insufflé une petite note d’espoir dans l’implacable noirceur de ce bilan.
Comment et pourquoi cette île qui fut pourtant l’un des plus beaux fleurons de l’Afrique francophone au lendemain de la décolonisation de 1960 en est-elle arrivée là ?
Il serait hasardeux d’expliquer le déclin de ce pays, qui regorge pourtant de ressources naturelles agricoles et minières abondantes et variées, par de simples théories économiques qui mettent en avant, par exemple, son éloignement géographique par rapport aux grands centres d’intérêt commerciaux et financiers mondiaux, son climat capricieux qui ravage régulièrement ses régions côtières, son manque d’ouverture et d’intégration commerciale et financière, notamment vis-à-vis des grands pôles commerciaux africains régionaux (COMESA, SADC) (1), ou encore la faiblesse des efforts financiers qu’il peut déployer pour assurer la promotion de ses ressources humaines. Ces facteurs doivent, naturellement, être pris en compte, mais une analyse poussée de leurs prétendus impacts sur la situation conduit très rapidement à démontrer qu’il s’agit, en réalité, d’évidentes contre-vérités. En tout état de cause, ils ne peuvent pas, à eux seuls, expliquer l’important retard pris par la Grande Ile en termes, notamment, d’infrastructure, de technologie ou encore de développement humain.
Le sous-développement chronique de Madagascar, «conséquence dramatique de quatre décennies de régression quasiment ininterrompue des niveaux de vie» (2) s’explique peut-être aussi, et sans doute principalement, par les turpitudes de ses dirigeants politiques et l’inadéquation de ses principales institutions, lesquelles ont ouvert la voie à de graves dérives en matière de gouvernance. Nous allons essayer d’en faire la démonstration.
Le « libéralisme socialisant» de Philibert Tsiranana et ses vicissitudes.
Successivement Protectorat (1895), Colonie (1896) et République membre de l’Union française (1958-1960), avant de recouvrer son indépendance le 26 juin 1960, la Grande Ile s’est fait remarquer, pendant les douze premières années de son indépendance, par sa légendaire stabilité politique. Cette première période postcoloniale présidée par Philibert Tsiranana, fut particulièrement marquée par l’omniprésence et l’omnipotence des conseillers techniques étrangers - français dans leur quasi-totalité - qui étaient aux commandes des principaux leviers de la machine administrative, économique et financière du pays. Madagascar connut néanmoins une certaine forme de progrès : sa population mangeait à sa faim et « l’Ile heureuse », comme on se complaisait alors à l’appeler, était exportatrice de riz, l’aliment de base du Malgache qui en consommerait 140 kgs par an.
En réalité, dès le milieu des années soixante, les Malgaches ont commencé à manifester leurs mécontentements vis-à-vis du pouvoir en place. A leur manière, ils dénoncèrent, d’une part la totale domination de l’économie de leur pays par les étrangers, d’autre part la mainmise du Parti Social Démocrate (PSD), parti politique gouvernemental, sur l’ensemble de l’appareil politico-administratif et de production de l’île.
Il faut noter, en effet, que les étrangers contrôlaient 80 % de l’économie moderne du pays et détenaient 90 % des capitaux qui y étaient investis. Sur les dizaines de milliards de FMG que drainaient annuellement les entreprises étrangères, 36 à 40 % étaient régulièrement transférés hors de la Grande Ile. Enfin, une comparaison des revenus annuels des différents éléments de la population faisait apparaître des différences considérables entre, d’une part les citadins et les ruraux autochtones, d’autre part les étrangers, les disparités étant allées de 1 à 25. Quant au PSD, un auteur avait affirmé qu’il était parvenu à une telle puissance qu’une véritable symbiose s’était faite entre lui, le Régime et l’Etat, et qu’on ne pouvait même plus dire que l’Administration intervenait en sa faveur parce que cette dernière, justement, est devenue un des principaux rouages de ce parti, avec toutes les dérives que cette situation devait immanquablement engendrer
La première crise politique éclata ainsi en 1971 lorsque la Gendarmerie Nationale tenta d’écraser la révolte des éleveurs du Sud-Ouest qui refusaient de payer leurs impôts. Une grève générale, déclenchée un an plus tard, par des lycéens et des universitaires sur la quasi-totalité du pays amplifia le mouvement. La nuit du 12 mai 1972, quelque 400 grévistes réunis à l’Université d’Antananarivo furent alors arrêtés et déportés au bagne de Nosy-Lava.
Cette erreur tactique et politique majeure signa l’arrêt de mort du Régime en place et propulsa au pouvoir, en qualité de chef du Gouvernement, le Général Gabriel Ramanantsoa. La Grande Ile connut alors une nouvelle période politique relativement courte (1972-1975) mais très complexe, émaillée d’affrontements divers entre différentes forces civiles, militaires, politiques et même ethniques. Le point d’orgue en fut la disparition tragique - qui reste à élucider - du Colonel Richard Ratsimandrava, le malheureux successeur du Général Ramanantsoa, assassiné le 11 février 1975 après seulement six jours d’exercice du pouvoir. Mais, paradoxalement, le pays se stabilisa de nouveau après l’avènement, le 01 janvier 1976, de la République démocratique de Madagascar (RDM).
Les avatars de la République Démocratique malgache de Didier Ratsiraka.
Ministre des Affaires étrangères du Général Ramanantsoa, négociateur des nouveaux Accords de coopération avec la France et promoteur de l’ouverture de Madagascar vers les pays de l’Est, Didier Ratsiraka accéda à la magistrature suprême du pays par la voix directe du peuple, après avoir fait adopter par la même consultation populaire une nouvelle Constitution et sa « Charte de la Révolution socialiste malgache », une sorte de profession de foi dans laquelle il manifesta sa volonté, par ailleurs tout à fait légitime, de se démarquer de l’influence française. Il mit en place, par le biais de la révolution socialiste tous azimuts, de nouvelles structures étatiques plus adaptées, de son point de vue, à l’objectif d’indépendance plus réelle de son pays vis-à-vis de l’extérieur.
Dès la fin de l’année 1976, l’étatisation de l’économie de la Grande Ile s’est ainsi traduite par le contrôle à 61 % par l’Etat socialiste malgache de la machine économique, dont 100 % pour les assurances et les banques, l’eau et l’électricité, 78 % pour les exportations, 70 % pour le commerce intérieur, 60 % pour les importations, 35 % pour l’industrie et 14 % pour les transports maritimes.
L’histoire est-elle un éternel recommencement ? La question reste posée car, pour la seconde fois, elle vit l’émergence, l’organisation et le développement au sein d’un nouveau parti politique, l’Avant-Garde de la Révolution socialiste malgache (AREMA), d’une nouvelle bourgeoisie d’affaires nationale au pouvoir tentaculaire, gravitant autour de Didier Ratsiraka et infiltrée dans tous les rouages de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays : les Forces armées, les banques, les assurances, la Justice, les sociétés d’Etat, les grandes compagnies privées et, bien entendu, l’Administration.
Cette nouvelle intrusion de la politique partisane dans la gestion des affaires publiques, couplée avec un climat de morosité de l’économie mondiale, constitua le ferment d’une nouvelle et très importante crise économique, financière et sociale, tous les indicateurs macro-économiques du pays ayant alors viré au rouge.
En 1985, appelés au chevet d’un Etat malgache au bord de la cessation de paiement, le FMI et la Banque Mondiale apportèrent leurs remèdes-miracles, avec les conditionnalités draconiennes d’usage dans leur célèbre Programme d’Ajustement Structurel (PAS) : libéralisation du commerce, privatisation ou dissolution des sociétés d’Etat, levée du monopole d’Etat sur les activités bancaires, dévaluation du franc malgache, assainissement progressif des finances publiques et arrêt des recrutements dans la Fonction Publique, allègement des charges fiscales pesant sur les entreprises, encouragement du développement du secteur informel de l’économie, etc.
Bref, il s’agissait purement et simplement de dynamiter méthodiquement et systématiquement toutes les structures socialisantes du pouvoir socialiste de Didier Ratsiraka : une véritable hérésie pour les dogmatiques et les caciques du Régime ! Mais l’argent coula à flots et permit à une nouvelle frange de la population évoluant dans le secteur informel de se constituer des fortunes colossales en un temps record, sous l’œil indifférent des Institutions de Bretton Woods.
Ce revirement forcé à 180° de la philosophie politique et du modèle de développement économique du pays n’apporta cependant aucun changement palpable sur le plan national, bien au contraire. La grande majorité de la population malgache continua de s’appauvrir d’une manière dramatique. Une nouvelle grève générale déclenchée dans tout le pays en juillet 1991 et une marche pacifique de la foule tananarivienne sur le Palais d’Etat située dans la banlieue sud de la capitale, un mois plus tard, chassèrent alors Didier Ratsiraka du pouvoir, non sans effusion de sang. Il partit se réfugier en France et fut remplacé par Albert Zafy, un professeur agrégé de médecine.
Quatre ans plus tard, Didier Ratsiraka revint cependant à la magistrature suprême du pays, après des élections censées avoir été démocratiques, organisées à la suite de l’échec retentissant de la présidence d’Albert Zafy (1991-1996) qui a fait l’objet d’une procédure constitutionnelle d’empêchement par les membres les plus influents de son propre camp. Mais les événements dramatiques consécutifs à l’élection présidentielle de la fin de l’année 2001(3) le chassèrent encore une fois du pouvoir. En juin 2002, il fut contraint de se réfugier de nouveau en France et vit toujours dans les quartiers chics de la capitale française.
Marc Ravalomanana devint alors le cinquième Président de la République malgache depuis l’indépendance de 1960, mais le premier originaire des Hauts Plateaux - il est important de le souligner - élu par la voie des urnes.
Marc Ravalomanana, l’homme du changement ?
Totalement inconnu du grand public avant son arrivée à la tête de la Mairie d’Antananarivo dont il assura la gestion avec une redoutable efficacité, Marc Ravalomanana étonna tout le monde lorsqu’il se présenta aux élections présidentielles de décembre 2001. Déclaré vainqueur après le premier tour qui a généré moult rebondissements, il déchaîna toutes les passions, tant sur le territoire national qu’à l’extérieur, le fulgurant développement des NTIC ayant permis à la diaspora, via Internet, de prendre une part importante, et sans doute même déterminante, aux débats qui se sont livrés sur le sujet. Il y eut, bien entendu, l’admiration débordante de ses supporters, mais aussi la suspicion, la rancœur, l’esprit de vengeance et la haine viscérale de ses détracteurs.
Self-made-man, propriétaire de la plus importante unité agroalimentaire de l’île, Marc Ravalomanana dérangeait, semble-t-il, à cause de ses origines paysanne et merina (4), des succès qu’il a enregistrés dans la gestion de ses affaires privées (le Groupe Tiko) et publiques (la Mairie d’Antananarivo), enfin de la foi inébranlable qui l’animait. Son credo : la bonne gouvernance. Son ambition : le développement rapide et durable de son pays. Ses moyens : la bonne volonté et l’honnêteté intellectuelle des hommes et femmes dont il s’est entouré, ainsi que le soutien financier de la Communauté internationale, le FMI et la Banque Mondiale en particulier.
Mais la situation économique, financière et sociale que le régime de Didier Ratsiraka lui a laissée en héritage était la plus dramatique que la Grande Ile ait jamais connue depuis son indépendance. Didier Ratsiraka, bien entendu, n’en était pas le seul responsable. Toute sa cour était également et totalement impliquée dans ce terrible échec, plus particulièrement tous ces technocrates hyper-doués (Polytechnique, Centrale, Mines, ISA, IEP, IAE, EDHEC, MBA, etc.) qui, par amitié et fidélité sans doute, ont mis leur science, leur savoir et leur savoir-faire au service de leur chef suprême. Pendant les 25 années de règne sans partage du Président de la RDM, ils n’ont su ni contenir ni neutraliser les manœuvres les plus abjectes des affairistes de tous bords et des opportunistes sans foi ni loi qui ont procédé au pillage systématique et au dépeçage scientifique de toutes les richesses du pays, ravalant ainsi ce dernier aux premiers rangs des pays les plus pauvres du monde.
Marc Ravalomanana s’était engagé à changer cette situation incompréhensible et intolérable. Il a essayé de s’en donner les moyens, mais il n’y eut ni miracles ni «développement rapide et durable», pour reprendre une expression qu’il semblait affectionner. Il s’est pourtant attaqué, avec conviction et résolution, aux sujets les plus urgents : le développement des infrastructures routières, l’amélioration de la protection sanitaire et sociale, le renforcement du système éducatif, mais aussi la bataille contre la corruption, pour inverser le cours de l’histoire et soulager la grande majorité des Malgaches de son insoutenable pauvreté.
A l’instar de ses prédécesseurs, il n’a malheureusement pas su maîtriser à temps les manœuvres insidieuses de son entourage. Le nouveau parti politique Tiako i Madagasikara (TIM) qu’il a créé et fait développer, notamment, est devenu une véritable machine de guerre, non seulement ultra dominante au sein des deux chambres du Parlement, mais encore et surtout infiltrée dans les rouages du pouvoir politique, administratif, financier et de production du pays. Tout naturellement, il a fini par verser dans les errements, les dérapages et les dérives totalitaires du PSD et de l’AREMA en leur temps, signant de facto l’arrêt de mort du Régime.
Il est cependant important, par fidélité à l’Histoire, de mentionner que, très objectivement, Marc Ravalomanana était encore le seul homme politique malgache, depuis l'indépendance de l’île, à avoir eu une vraie vision du développement de son pays et à tenter de se donner les moyens de faire avancer les choses. En quelques années, il a réussi ce que personne d'autre n'a fait, ne serait-ce que pour les infrastructures routières ou le développement de l'agrobusiness. La cécité politique dont il a fait preuve reste incompréhensible, car les signes avant-coureurs de son déclin étaient là, bien visibles, notamment lorsque le TIM perdit la mairie de la capitale aux élections municipales du 12 décembre 2007, au profit d’un jeune et riche chef d’entreprise, Andry Rajoelina, self made man comme lui.
La réélection à la Présidence de la République de Marc Ravalomanana en décembre 2006, bien que difficilement acquise (5), a sans doute pu lui faire penser que tout lui était désormais possible et permis. D'où l'abus - jusqu'à la lie - d’une position dominante, non seulement inacceptable sur le principe, mais également intenable sur le long terme. Réputé personnage, plus d’instinct que de raison, il aurait peut-être dû écouter davantage ses conseillers, les plus lucides et les plus honnêtes d’entre eux. Il y en a eu. Cela lui aurait évité de commettre les trois erreurs politiques majeures qui lui furent fatales et qui ont permis à Andry Rajoelina de lui ravir sa place dans les conditions dramatiques qui sont rappelées dans les lignes qui suivent.
« La révolution orange » d’Andry Rajoelina et l’indescriptible désordre institutionnel qu’elle a généré.
Plagiat de la révolution orange ukrainienne de 2004, la révolution orange malgache de décembre 2008, est la résultante de trois évènements politiquement sensibles qui ont définitivement scellé le sort de l’avenir politique du dernier Président de la République élu de la Grande Ile, réfugié aujourd’hui en Afrique du Sud :
* d’abord, la fermeture de la télévision Viva TV, propriété d’Andry Rajoelina, accusée d’avoir diffusé une récente interview de Didier Ratsiraka sur la situation politique du pays, cette fermeture ayant été citée comme un exemple parmi d’autres d’une nième atteinte des pouvoirs publics en place à la liberté d’expression ;
* ensuite, la révélation de la négociation d’un important contrat entre l’Etat malgache et la société sud-coréenne Daewoo Logistics, relatif à un projet de location de terres pour la culture de maïs et de palmiers à huile : une véritable hérésie d’après ses détracteurs, quand on sait l’attachement viscéral du Malgache à la terre de ses ancêtres ;
* enfin, l’achat par Marc Ravalomanana, d’un nouvel avion présidentiel dont le coût – 60 millions de dollars – aurait plus ou moins correspondu au montant des aides internationales qui devaient être versées aux Pouvoirs Publics malgaches pour des actions, non pas d’apparat, comme on a pu le lui reprocher, mais de développement.
En moins de trois mois, ce mouvement prétendument populaire, alimenté et animé en fait par une foule tananarivienne disparate, déçue de la mauvaise gouvernance de Marc Ravalomanana, a conduit Andry Rajoelina (entretemps démis de ses fonctions de maire de la capitale) et sa troupe à prendre le pouvoir par la force, avec l’aide d’une petite (mais puissamment outillée) fraction de l’armée.
Le bilan de ce coup d’Etat, condamné par l’ensemble de la Communauté internationale, fut très lourd : au moins une centaine de morts, des arrestations arbitraires, un appareil de production - plus particulièrement du Groupe Tiko - pillé et vandalisé, des incitations à la violence, des mutineries, une atteinte invraisemblable à l’intégrité de diplomates étrangers et, enfin, des accusations - totalement infondées – de tentatives d’attentats à la bombe contre les adversaires les plus actifs de cette prise de pouvoir illégal.
Une grave crise institutionnelle s’en est suivie, à laquelle se sont mêlés, de surcroît, les anciens Présidents de la République, Didier Ratsiraka, Albert Zafy et, naturellement, Marc Ravalomanana, chacun d’eux s’obstinant à vouloir reprendre une part active, au plus haut niveau de l’Etat (du moins de ce qu’il en reste), à la gestion des affaires nationales et internationales du pays, par le biais de leurs mouvances politiques respectives.
Plus d’un an après le début de cette crise, aucune solution sérieuse ne semble pourtant se profiler à l’horizon, en dépit des interventions maintes fois répétées et des menaces de sanctions lourdes - notamment financières - de plus en plus précises, brandies par la Communauté internationale (Union africaine, SADC, Union Européenne, Etats Unis), laquelle n’a de cesse de prôner le rétablissement de l’ordre constitutionnel, la mise en place d’institutions transitoires dites « consensuelles et inclusives » et le retour de la démocratie.
Les dernières actualités politiques malgaches apportent chaque jour leurs lots de mauvaises surprises. L’exemple dramatique et le plus injuste est l’exclusion de Madagascar du bénéfice de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act, un système de préférence douanière qui permet à certains pays africains de pénétrer plus facilement le marché américain), avec en perspective la destruction de quelque 180 000 emplois directs et indirects liée à la fermeture probable d’au moins une vingtaine d’usines textiles des zones franches touchées par cette mesure à très large connotation politique. C’est également le cas du processus de paix, initié et mis en place au forceps par la Communauté internationale, qui a volé en éclats après la récente décision unilatérale d’Andry Rajoelina de s’en retirer.
Il devient ainsi de plus en plus illusoire de croire et d’espérer que tous les politiciens impliqués dans ce désastre finiront un jour par revenir à la raison et à s'accorder sur un règlement fraternel, consensuel et définitif de leurs querelles ignominieuses. A cause de leur entêtement, de leurs atermoiements, de leurs tergiversations et de leur mauvaise foi manifeste, le Malgache de la rue continue, lentement mais sûrement, sa descente vers les bas fonds de l'indigence la plus absolue. Malgré sa patience légendaire, il ne serait pas surprenant qu’il participe, demain, à des actes de désespoir total : une émeute de la faim, par exemple.
Aussi, la tentation est-elle grande, aujourd’hui, de s’en remettre à l’intermédiation de l’armée, avec un grand «A», celle qui aurait encore le sens de l’honneur, de la parole donnée, de la discipline (c’est son métier !) et de « l’intérêt supérieur de la Nation », cette notion trop de fois galvaudée au cours de cette crise interminable et honteuse. Cette armée aurait pour principale mission de rétablir l’ordre, en mettant en veilleuse la politique et, surtout, en écartant de la direction actuelle des affaires nationales tous les protagonistes de ce désordre institutionnel inacceptable. Elle organiserait ensuite, le plus rapidement possible, de nouvelles élections, pour départager par les urnes tous les prétendants à des fonctions publiques, présidentielles en premier lieu. Ces consultations seraient organisées sous la surveillance étroite d’observateurs internationaux, pour garantir l’égalité des chances des candidats et, surtout, la liberté de choix de chaque citoyen.
La seule et lancinante question est de savoir si la Grande Muette qui, elle aussi, subit actuellement de plein fouet les affres de l’indiscipline de certains de ses éléments, est réellement en mesure de se donner les moyens de la réalisation de cette noble mission, pour que triomphent enfin dans ce merveilleux pays, non pas les hommes ni les mouvances politiques, mais les nouveaux projets de société et les programmes de développement viables et réalisables qui lui ont tant manqué au cours de ces dernières décennies.
Ce sera sans doute le prix fort à payer pour le retour d’une vraie paix sociale, durable et profitable au plus grand nombre. Et c’est tout le mal qu’on puisse souhaiter à la Grande Ile à la veille de la célébration du cinquantenaire de son indépendance, en attendant l’arrivée prochaine d’un nouveau Président de la République qui aurait à la fois «la naïve droiture» d’Albert Zafy dans la conduite des affaires nationales, «la belle prestance» de Didier Ratsiraka, du temps de sa splendeur, au niveau international, «l’instinctive habileté» de Marc Ravalomanana dans les activités économiques et, enfin (soyons fous), «l’insolent jusqu'au-boutisme» d’Andry Rajoelina, le tout dans le seul, unique et exclusif «intérêt supérieur de la Nation»(6).
Roger RABETAFIKA
Institut Supérieur d’Etudes Comptables
Faculté de Droit et de Science Politique
Université Paul Cézanne d’Aix-Marseille III
1.Les pays membres de la COMESA et de la SADC sont : l’Angola, le Burundi, les Comores, la République Démocratique du Congo, Djibouti, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, la Libye, Madagascar, le Malawi, l’Ile Maurice, les Seychelles, le Swaziland, le Soudan, l’Ouganda, la Zambie, le Zimbabwe, le Botswana, le Lesotho, le Mozambique, la Tanzanie, la Namibie et l’Afrique du Sud. Un gigantesque marché de plus de 350 millions de consommateurs potentiels.
2. Fourmann E., « Madagascar après la crise, perspectives économiques 2003-2004 », Rapport de la Direction de la stratégie - Département des politiques générales - Division des études macroéconomiques au siège de l’Agence Française de Développement, janvier 2003.
3. Le bras de fer auquel se sont livrés les deux candidats à l’élection présidentielle du 16 décembre 2001, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana, qui a vu la victoire de ce dernier, a failli plonger le pays dans une effroyable guerre civile aux conséquences incalculables.
4. La population malgache comprend 18 ethnies. L’Histoire a toujours enseigné que les Merina, minoritaires, originaires des Hauts Plateaux, auraient eu la mainmise sur l’essentiel de l’appareil politico-administratif et de production du pays. On avait ainsi l’habitude de les opposer aux 17 autres ethnies de l’île, en appliquant la politique parfaitement rodée mais désormais éculée du régime colonial : « diviser pour régner ».
5.Il ne fut réélu qu’avec 54,79 % des voix.
6.Merci à Lily R. d’avoir insufflé une petite note d’espoir dans l’implacable noirceur de ce bilan.
mercredi, janvier 06, 2010
Bonne année
Miarahaba antsika rehetra tratry ny taona 2010, hitondra Fahasalamana, Fahombiazana, ary Fahasoavana ho antsika mianakavy anie ity taona ho diavintsika ity.
mes meilleurs vœux...Santé, Prospérité et Bonheur
RIVO
Partage
Point de vue d’un expert Un appel à l’unité ne suffit pas pour sortir de la crise
Il y a quelques semaines, nous avons évoqué ici même l’inapplicabilité de l’Accord d’Addis-Abeba, en raison du partage des pouvoirs qu’il institue entre les quatre mouvances, au lieu de les séparer, comme le préconise la théorie classique de Droit constitutionnel. Quelques jours après, la mouvance Andry Rajoelina s’affranchit effectivement de l’application introuvable de l’Accord et décide de gouverner seule.
Aujourd’hui, la HAT par l’ordonnance 2009-14 du 31 décembre 2009 élabore une « Loi de Finances 2010 », la promulgue après avoir reçu un avis de conformité (la décision 05/HCC/D3 du 31 décembre 2009) de la HCC, laquelle, suivant son habitude depuis quelques mois, valide tous les actes de la HAT, quitte à se contredire, citant même une Constitution qu’elle ne cesse de violer. La HAT légifère donc, exécute et juge.
Il faut alors souligner que la concentration des pouvoirs ainsi opérée marque le début de l’oppression et rappeler que le principe premier d’une fiscalité démocratique réside dans le consentement à l’impôt !
Si le verrouillage institutionnel autoritaire par la mouvance au pouvoir se perpétue, on risque de n’avoir d’autre choix, la résignation mise à part, que celui de l’affrontement direct. En effet, seule la confiance issue de suffrage universel peut justifier à la rigueur l’unité derrière le pouvoir d’un seul. Or, le pouvoir en place ne peut se prévaloir d’aucune élection.
Afin d’éviter tout recours à des moyens extrêmes, il est de la responsabilité de toutes les parties en cause, malgaches comme étrangères, d’imposer un retour à la table de négociations et de rechercher un accord plus équilibré qui, cette fois-ci, devrait non pas distribuer des sièges ministériels mais réellement séparer les pouvoirs afin qu’ils puissent à la fois agir et se contrôler mutuellement entre eux.
Le schéma constitutionnel qu’impose l’article premier de la Charte de la Transition du 12 août 2009 voulant « une transition neutre, inclusive, pacifique et consensuelle, en vue de l’organisation d’élections régulières, justes, transparentes, équitables et crédibles » et mettant « en place des institutions démocratiques et stables » devrait s’articuler autour des dispositions suivantes :
- un pouvoir exécutif unique, probablement issu de la mouvance A. Rajoelina, et responsable devant le pouvoir législatif ;
- un pouvoir législatif délibérant et contrôlant le gouvernement, avec une présence majoritaire de la mouvance au gouvernement mais réservant un quota permettant le contrôle par les autres : on peut établir des mécanismes fonctionnels de parlementarisme rationalisé, particulièrement la gradation de la majorité requise en fonction des décisions à prendre (majorité simple, majorité absolue pour les questions engageant les finances de l’Etat, majorité qualifiée engageant les quatre mouvances pour les questions relatives à la souveraineté), l’institution d’un shadow cabinet ou encore la liaison de la censure à la proposition d’un autre gouvernement ;
- un pouvoir judiciaire indépendant comprenant notamment un Conseil Supérieur de la Magistrature composé de magistrats et présidé par un magistrat élu par ses pairs d’une part, et d’autre part, une vraie Cour constitutionnelle contrôlant la conformité à la Charte de Transition des actes des autres pouvoirs : liée par ses décisions et obligée de les motiver, cette Cour sera composée de membres nommés par chaque mouvance et présidée par un membre non issu de la mouvance au gouvernement ;
- et, enfin, une Commission électorale nationale indépendante comprenant toutes les mouvances et présidée encore une fois par un membre non issu de la mouvance au gouvernement.
Ce schéma répondrait à la fois aux principes déclarés de la Transition et aux exigences du Droit constitutionnel et ainsi permettrait le fonctionnement régulier de l’Etat. Il est de la responsabilité de tous ceux qui prétendent vouloir faire sortir la Nation de la crise de le mettre en place. En effet, une séparation des pouvoirs demeure plus que jamais nécessaire, spécialement lorsque aucun groupement qui les exerce ne peut revendiquer valablement les suffrages populaires.
Johary RAVALOSON
Docteur en droit, Chargé d’enseignement à l’Université d’Antananarivo.
Midi Madagascar, Aujourd'hui, le 06-01-2010 l Parution N°: 8029.
mes meilleurs vœux...Santé, Prospérité et Bonheur
RIVO
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Point de vue d’un expert Un appel à l’unité ne suffit pas pour sortir de la crise
Il y a quelques semaines, nous avons évoqué ici même l’inapplicabilité de l’Accord d’Addis-Abeba, en raison du partage des pouvoirs qu’il institue entre les quatre mouvances, au lieu de les séparer, comme le préconise la théorie classique de Droit constitutionnel. Quelques jours après, la mouvance Andry Rajoelina s’affranchit effectivement de l’application introuvable de l’Accord et décide de gouverner seule.
Aujourd’hui, la HAT par l’ordonnance 2009-14 du 31 décembre 2009 élabore une « Loi de Finances 2010 », la promulgue après avoir reçu un avis de conformité (la décision 05/HCC/D3 du 31 décembre 2009) de la HCC, laquelle, suivant son habitude depuis quelques mois, valide tous les actes de la HAT, quitte à se contredire, citant même une Constitution qu’elle ne cesse de violer. La HAT légifère donc, exécute et juge.
Il faut alors souligner que la concentration des pouvoirs ainsi opérée marque le début de l’oppression et rappeler que le principe premier d’une fiscalité démocratique réside dans le consentement à l’impôt !
Si le verrouillage institutionnel autoritaire par la mouvance au pouvoir se perpétue, on risque de n’avoir d’autre choix, la résignation mise à part, que celui de l’affrontement direct. En effet, seule la confiance issue de suffrage universel peut justifier à la rigueur l’unité derrière le pouvoir d’un seul. Or, le pouvoir en place ne peut se prévaloir d’aucune élection.
Afin d’éviter tout recours à des moyens extrêmes, il est de la responsabilité de toutes les parties en cause, malgaches comme étrangères, d’imposer un retour à la table de négociations et de rechercher un accord plus équilibré qui, cette fois-ci, devrait non pas distribuer des sièges ministériels mais réellement séparer les pouvoirs afin qu’ils puissent à la fois agir et se contrôler mutuellement entre eux.
Le schéma constitutionnel qu’impose l’article premier de la Charte de la Transition du 12 août 2009 voulant « une transition neutre, inclusive, pacifique et consensuelle, en vue de l’organisation d’élections régulières, justes, transparentes, équitables et crédibles » et mettant « en place des institutions démocratiques et stables » devrait s’articuler autour des dispositions suivantes :
- un pouvoir exécutif unique, probablement issu de la mouvance A. Rajoelina, et responsable devant le pouvoir législatif ;
- un pouvoir législatif délibérant et contrôlant le gouvernement, avec une présence majoritaire de la mouvance au gouvernement mais réservant un quota permettant le contrôle par les autres : on peut établir des mécanismes fonctionnels de parlementarisme rationalisé, particulièrement la gradation de la majorité requise en fonction des décisions à prendre (majorité simple, majorité absolue pour les questions engageant les finances de l’Etat, majorité qualifiée engageant les quatre mouvances pour les questions relatives à la souveraineté), l’institution d’un shadow cabinet ou encore la liaison de la censure à la proposition d’un autre gouvernement ;
- un pouvoir judiciaire indépendant comprenant notamment un Conseil Supérieur de la Magistrature composé de magistrats et présidé par un magistrat élu par ses pairs d’une part, et d’autre part, une vraie Cour constitutionnelle contrôlant la conformité à la Charte de Transition des actes des autres pouvoirs : liée par ses décisions et obligée de les motiver, cette Cour sera composée de membres nommés par chaque mouvance et présidée par un membre non issu de la mouvance au gouvernement ;
- et, enfin, une Commission électorale nationale indépendante comprenant toutes les mouvances et présidée encore une fois par un membre non issu de la mouvance au gouvernement.
Ce schéma répondrait à la fois aux principes déclarés de la Transition et aux exigences du Droit constitutionnel et ainsi permettrait le fonctionnement régulier de l’Etat. Il est de la responsabilité de tous ceux qui prétendent vouloir faire sortir la Nation de la crise de le mettre en place. En effet, une séparation des pouvoirs demeure plus que jamais nécessaire, spécialement lorsque aucun groupement qui les exerce ne peut revendiquer valablement les suffrages populaires.
Johary RAVALOSON
Docteur en droit, Chargé d’enseignement à l’Université d’Antananarivo.
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